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Articles par thèmes :
Déchets - Retraitement
Articles par pays :
Suisse
Journal par No :
No 76, décembre 2004
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann Fabienne Gautier
No 77, avril 2005
Publié le samedi 29 septembre 2007

AC Reimann :

F. Gautier :


Mobilisation générale contre l’enfouissement des déchets radioactifs

« Il n’y a pas de solution pour les déchets nucléaires. Toutes les hypothèses envisagées sont mauvaises, l’enfouissement profond étant carrément un crime contre les générations futures. La première chose à faire est d’arrêter de fabriquer des déchets radioactifs et donc de fermer au plus vite les centrales nucléaires. » 1

Les déchets nucléaires seront enfouis, c’est le slogan à la mode des nucléocrates de tout poil qui se rallient aujourd’hui tous à cette opinion. Et pourtant…de nombreuses études indépendantes montrent qu’aucun sous-sol au monde ne pourra confiner la radioactivité durant des milliers d’années ! L’enfouissement ne peut que retarder la remontée à la surface de la radioactivité, c’est donc d’un véritable crime différé à l’égard des générations futures dont il s’agit. Les déchets nucléaires représentent le pire casse-tête jamais posé à l’homme et, face à ce problème insoluble, une seule solution s’impose au regard des êtres qui occuperont cette planète après nous : cessez au plus vite d’en produire ! Comment se fait-il qu’une telle évidence ne saute pas aux yeux du commun des mortels ? Comment se fait-il que nous ne soyons encore qu’une poignée à tirer l’alarme ? En Suisse, comme en France, on est sur le point de commettre l’irréparable : que ce soit à Benken (canton de Zurich) ou à Bure (Meuse), on se prépare à enfouir des déchets radioactifs sous terre. Ces projets monstrueux sont cautionnés par toute une cohorte d’experts et de parlementaires que l’on peut qualifier de totalement irresponsables, tant les décisions qu’ils vont prendre ont un caractère mortifère pour ceux qui vont nous succéder.

« Les déchets nucléaires seront stockés dans des formations géologiques profondes ». « Le point de vue universel, c’est que l’enfouissement est la meilleure façon ultime de traiter ce problème des déchets nucléaires… » « Il existe un consensus international sur le stockage géologique… » « La communauté scientifique reconnaît que le stockage en géologie profonde est une solution sûre et économique pour la gestion à long terme des déchets nucléaires… » Cela n’est qu’un modeste échantillon des a priori criminels parmi ceux qu’on a pu entendre le jeudi 27 janvier 2005 de la bouche d’experts avertis qui s’exprimaient devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques français. Cette session d’auditions avait été convoquée en préparation d’un projet de loi que doit présenter le gouvernement français en 2006 sur la gestion des déchets nucléaires, comme l’y oblige une loi datant de 1991, dite loi Bataille du nom de son auteur, et qui définit les grands axes de la recherche sur la gestion à long terme des déchets hautement radioactifs et à vie longue. Or, le débat est d’ores et déjà faussé puisque le gouvernement français a approuvé la construction du réacteur EPR avant de savoir s’il existait une solution pour les déchets nucléaires produits par les réacteurs actuels. De ce fait, les députés français, le couteau sous la gorge, vont être sommés de trouver une façon de se débarrasser au plus vite et à moindres frais des déchets nucléaires actuels, dans la perspective de l’arrivée des suivants.

Convié à participer aux journées d’auditions citées plus haut, le Réseau français « Sortir de nucléaire » a décliné l’invitation, ne souhaitant pas cautionner « une parodie de démocratie » et a annoncé qu’il organisera pour l’automne prochain un rassemblement près du site de Bure, où se prépare l’enfouissement criminel des déchets atomiques.

Que se passe-t-il à Bure ?

Rappelons qu’en 1993, les départements de la Meuse et de la Haute-Marne, sans aucune consultation préalable des populations locales, se sont portés candidats au projet de « laboratoire » de recherches géologiques en vue de l’enfouissement des déchets nucléaires, et cela grâce à quelques moyens de pressions indignes d’une démocratie : désinformation, persuasions financières illégales, chantage au développement local etc. En 2004, le but final du laboratoire est officiellement confirmé : il s’agit bel et bien de la construction dès 2006 d’un centre d’enfouissement définitif aux alentours de Bure. Et pourtant, le chantier du laboratoire ne sera pas fini avant la fin de cette année et seules quelques expériences ont donc pu être commencées ! Bilan plus que léger : ce n’est donc qu’après une seule année d’étude pour déterminer si le sous-sol parviendra à contenir la radioactivité pendant des millénaires, que le lobby nucléaire veut faire passer en force son projet. Le 13 janvier dernier, un rapport indépendant a d’ailleurs vertement épinglé l’Andra, l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs responsable des études en sous-sol en vue du stockage des déchets radioactifs à Bure. Ce rapport, commandé par le Comité local d’information et de suivi du site d’enfouissement de Bure à l’Institut for Energy and Environment Research, organisme américain constitué d’experts internationaux indépendants, reproche à l’Andra « une évaluation des risques sismiques sérieusement défaillante » ou encore de « ne pas avoir suffisamment étudié quelques points critiques comme le dégagement de chaleur de certains déchets qui pourraient développer des cycles de vapeur continus dans la zone de stockage pendant des siècles. » L’Andra ne se serait pas non plus penchée sur « le risque d’une intrusion humaine accidentelle ou délibérée. » En conclusion, le rapport estime que « la sécurité de l’ensemble du projet est trop aléatoire. » Et que croyez-vous qu’il arriva ? Ce rapport explosif et révélateur a tout simplement été écarté des débats parlementaires dont je vous parlais plus haut ! Nous voici donc à la veille d’une tragédie incommensurable : l’enfouissement de déchets radioactifs au sein de notre Terre ! Allons-nous laisser faire cela ? Notre responsabilité est engagée face aux générations futures et notre devoir le plus impératif est de mener cette lutte vitale pour l’avenir de la planète et de nos descendants. Sur place, à Bure, les collectifs de citoyens et d’élus opposés à l’enfouissement sont depuis longtemps sur le pied de guerre. Leur lutte est aussi notre affaire car la radioactivité ne connaît pas de frontières et lorsque les conteneurs de déchets radioactifs enfouis relâcheront leur poisson mortel au sein de la Terre, ce sont des régions entières qui deviendront inhabitables.

« Pas d’enfouissement de déchets nucléaires ni ici ni ailleurs » Rangeons-nous avec conviction derrière ce mot d’ordre et soutenons avec force la lutte sur le terrain !

Anne-Cécile Reimann

1 Réseau français « Sortir du nucléaire »


En Somalie, un malheur n’arrive jamais seul

C’est dans l’un des pays les plus pauvres du monde, en proie à une sanglante guerre interethnique depuis de longues années, que des entreprises occidentales ont choisi de se débarrasser clandestinement de leurs déchets les plus dangereux, tout en sachant qu’aucun système de gestion de ces produits ne pourrait y être assuré.

Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement1 traitant de la reconstruction des zones ravagées après le passage du raz-de-marée du 26 décembre 2004 révèle que la force des vagues a remué quantité de déchets déversés le long des côtes ou enterrés sur les plages somaliennes. Parmi ces restes de notre civilisation florissante, outre des fûts de déchets radioactifs, on trouve du plomb, du mercure, du cadmium, des déchets d’industries, d’hôpitaux ou de traitements chimiques. La population voisine de ces dépôts se plaint de problèmes de santé peu ordinaires suite aux vents de tsunami soufflant vers les villages intérieurs : infections des voies respiratoires, problèmes pulmonaires aigus, hémorragies abdominales, problèmes de peau, mort soudaine.

Depuis les années 1980, des entreprises de nos régions se sont donc livrées, sans être autrement inquiétées malgré les traités internationaux, à un juteux trafic de matières hautement toxiques avec des sous-traitants maffieux qui profitaient sans aucun scrupule de l’état de désorganisation du pays, en pleine guerre civile. Se débarrasser d’une tonne de déchets en Somalie ne coûte que 2,5 dollars, contre 250 en Occident. L’argent gagné par les intermédiaires somaliens servait notamment à l’acquisition d’armement.

Si on sait que le raz-de-marée qui a traversé l’Océan indien a tué officiellement 300 personnes en Somalie, on préfère ignorer par contre combien d’autres décès devront être imputés aux conséquences à long terme de cette catastrophe pour ce pays de la corne africaine. Combien de personnes mourront dans les mois et les années à venir de maladies provoquées par les effets des radiations ? Quel impact ces produits auront-ils sur les réserves d’eau, sur la faune et la flore ? Quel sera l’avenir des pêcheurs et des agriculteurs somaliens ? La communauté internatioale répondra-t-elle à l’appel à l’aide de la Somalie et des mesures efficaces seront-elles prises pour tenter de dépolluer les sites ?

Fabienne Gautier

1 UNEP, After the Tsunami : a Rapid Environmental Assessment, www.unep.org

 
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