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Articles par thèmes :
Déchets - Retraitement
Articles par pays :
Suisse
Journal par No :
No 74, avril 2004
Auteurs :
Philippe Gobet
No 74, juin 2004
Publié le lundi 8 octobre 2007

Mont Terri ?! Qu’est-ce que c’est que ça ?

On le sait depuis fort longtemps : nul n’est prophète en son pays (voir à ce sujet Luc 4 :24) et c’est peut-être pourquoi beaucoup d’antinucléaires suisses, prompts à bondir dans les coins les plus reculés de la galaxie pour dénoncer les dépôts de déchets nucléaires, ignorent tout du Mont Terri…

Le Mont Terri, d’ailleurs, c’est où ça pour commencer ? Le Mont-Blanc, le Mont-Rose, Montparnasse, Montmartre ou Montagny-les-Monts, on connaît, mais le Mont Terri ?! Et bien ça se trouve dans le Jura, entre Delémont et Porrentruy, pas très loin de Courgenay, pour ceux qui connaissent la chanson : « C’est la petite Gilberte de Courgenay, elle connaît trois cent mille soldats et tous les officiers… ». Et que se passe-t-il au Mont Terri ? Vous savez que nos amis jurassiens avaient obtenu, il y a quelques années, de pouvoir créer la route dite Transjurane afin de désenclaver le canton. Et pendant que « Sur nos monts quand le soleil annonce un brillant réveil… », sous le Mont Terri c’est plutôt la gueule de bois qui s’annonce. En effet, profitant sans scrupules des tunnels de la Transjurane, la NAGRA(1), accompagnée du « Club Argile » (en référence au Solar Club de notre ami Yves Renaud sans doute ?), testent les possibilités d’enterrer des déchets dans les « argiles à Opalinus » (2) . Qui se cache derrière ce doux nom du « Club Argile » ? Il s’agit en fait de l’Agence de l’OCDE POUR l’énergie nucléaire, dans laquelle on trouve des nucléocrates français, allemands, espagnols, japonais, belges, etc.… Charmant, non ?

De la recherche scientifique…

Evidemment, pour le moment, c’est de la pure recherche scientifique, comme à Bure (Meuse), c’est pas du tout pour y enterrer des déchets, vous pensez bien, ils se permettraient pas, des gens si sérieux et recommandables… Allons les enfants, allez jouer plus loin, ne dérangez pas ces messieurs qui travaillent si discrètement. Enterrer des déchets, ce que les enfants ne vont pas imaginer tout de même !? Bon, une fois que les communes de la région auront été équipées de salles communales grand luxe, de salles de gym et autres commodités, on pourra toujours y réfléchir, vous comprenez, les emplois ça court pas les rues à Courgenay (à part pour la petite Gilberte qui a assez à faire avec ses trois cent mille soldats, sans compter les officiers) et pis si y disent que c’est sans risque on peut leur faire confiance, d’ailleurs le cousin de ma belle-mère dit que ce sont des gens très sérieux et qu’ils laissent toujours un pourboire au café de la Croix Fédérale quand ils viennent manger le plat du jour.

O pâle linux…

Pourquoi enterrer des déchets dans des argiles à Opalinus ? Et bien c’est là que cet article commence enfin à être intéressant : il semblerait, étonnamment, que ce milieu géologique soit très fiable, très stable, résistant aux millénaires et à l’usure du temps (qui ne suspend pas son vol). Alors que des roches apparemment très solides, comme le granit, subissent de l’usure, des fissures, des infiltrations d’eau etc. Comme le dit le Club Argile lui-même (3) « …la goutte d’eau vient à bout de chaque pierre. (…) Toutes les roches en surface ou proches de la surface de la terre sont fragmentées, décomposées, transformées et dissoutes du fait des effets physico-mécaniques et chimiques. » Tandis que les argiles à Opalinus auraient toutes sortes de propriétés qui leur permettaient de résister aux infiltrations d’eau et aux déformations. Et tenez-vous bien, ces messieurs ont trouvé un argument qui vaut son pesant d’absinthe (la fameuse « fée verte » jurassienne, qui se dit Tchernobyl en russe, voir à ce sujet Apocalypse 8 :5, mais je m’égare…) : puisqu’on trouve de magnifiques fossiles très bien conservés depuis des millions d’années dans les argiles à Opalinus. ça prouve que nos déchets nucléaires y seraient bien tranquilles eux aussi ! Ah, j’imagine déjà la joie des enfants de l’an 12123 qui, se promenant sur ce qui fut le Jura suisse s’exclameront : « Oh papa, regarde le joli tonneau qui a été si bien conservé dans les argiles à Opalinus, on peut le prendre dans la soucoupe pour le ramener à la maison ? » Non décidément, les Pharaons étaient bien radins en nous léguant Sphinx et autres pyramides, ce que nous allons laisser à nos descendants est tout de même beaucoup plus enrichissant.

La lutte, où ça la lutte ?!

A notre connaissance, il n’y a pas de lutte organisée contre les travaux du Mont Terri. Voyons Monsieur, on ne va pas lutter contre de sérieux projets scientifiques internationaux menés en Suisse !!! Tiens, c’est comme pour le CERN ?

Philippe Gobet

(1) NAGRA (ex-CEDRA) : société nationale pour l’entreposage des déchets radioactifs

(2) « Le nom vient de l’éclat miroitant (opalescent) des coquilles constituées souvent encore d’aragonite. Forme chimiquement instable du carbonate de calcium, l’aragonite se serait transformée en une calcite plus stable, si la roche argileuse pratiquement ( !) étanche ne l’avait conservée intacte pendant des millions d’années. » (CEDRA-INFO, n°31, p.10)

(3) CEDRA-INFO, n°31, p.7

 
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