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Edito
Journal par No :
No 84, décembre 2006
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann
No 84, décembre 2006
Publié le mardi 16 octobre 2007

Chères, chers ContrAtomistes,

Courage, c’est nous qui avons raison ! Nous avons beau en être sûrs, il n’est pas toujours facile, malgré nos fortes convictions, de garder sérénité et sang-froid face aux prises de position fracassantes et omniprésentes dans les médias des partisans du nucléaire qui voient dans cette source d’énergie la seule solution au réchauffement climatique et à la pénurie de pétrole. Pas plus tard qu’au mois d’octobre dernier, le parti radical suisse, qui prétend faire de sa formation politique le pilier de la croissance économique de notre pays, proclamait sans état d’âme qu’il était urgent de lancer un nouveau projet de construction de centrale nucléaire pour prévenir la pénurie électrique et préserver l’environnement !

Pour répondre aux chantres du nucléaire, la première chose qu’il faut bien mettre en évidence c’est que le nucléaire ne représente que le 2 % de l’énergie totale utilisée dans le monde(1) car il ne produit que de l’électricité. Le solde de l’énergie finale réside principalement dans les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) consommées très largement pour le transport motorisé, le chauffage, l’eau chaude etc. Donc, même si l’on augmente le nombre de centrales nucléaires (qui ne contribueront qu’à produire de l’électricité et non à remplacer les autres sources d’énergie), on ne voit pas par quel miracle cela pourrait éviter le réchauffement climatique !

Si l’on prend l’exemple de la France, championne du « tout nucléaire » avec ses 58 réacteurs, on constate que son équipement « super atomique » n’a pas vraiment prouvé son efficacité dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dons, suivre l’exemple de la France en multipliant la construction de centrales nucléaires ne pourrait que généraliser l’échec de cette fatale option : réchauffement climatique ET nucléaire pour tous.

Si le réchauffement climatique est un problème gravissime, qui ne sera en aucun cas stoppé par le nucléaire, ce dernier en revanche risque bien d’être sérieusement mis en difficulté par les canicules qui vont se multiplier à l’avenir. On se souvient qu’au plus chaud des étés 2003 et 2006, des réacteurs ont dû être arrosés et d’autres carrément mis à l’arrêt. Pour refroidir un réacteur, il faut en effet de l’eau or, lors des épisodes de canicule, l’eau des rivières et des fleuves manque ou est déjà trop chaude pour supporter les quelques degrés de plus que le refroidissement de la centrale provoque. Voilà donc une raison supplémentaire pour nous inciter à sortir au plus vite du nucléaire !

Autre argument souvent avancé par les pronucléaires, la soi-disant indépendance énergétique. De quelle indépendance parle-t-on du moment que le combustible utilisé dans les réacteurs, en l’occurence l’uranium, ne se trouve pas dans notre sous-sol et qu’il faut aller le chercher en Afrique ou en Australie ? Par ailleurs, les réserves planétaires de ce combustible sont, à l’instar du pétrole, en voie d’épuisement.

A toutes ces bonnes raisons de s’opposer à l’option nucléaire, il faut ajouter celle de l’extrême danger que représente en soi chaque installation nucléaire, véritable bombe potentielle capable de provoquer à tout instant une catastrophe planétaire. Se chauffer à la bombe, est-ce bien raisonnable ?

Et, pour terminer, que dire des déchets radioactifs engendrés par cette technologie mortifère ? Ces déchets monstrueux qui s’accumulent aux quatre coins de la planète et qu’on s’apprête allègrement à fourguer aux générations futures. Quel héritage ! Cette honteuse perspective devrait à elle seule suffire à convaincre les partisans de l’atome que le nucléaire ne constitue en aucun cas une solution acceptable !

Alors que faire pour laisser à nos descendants une terre habitable ? Quelles alternatives proposer pour sortir du nucléaire (et éviter du même coup la prolifération des armes atomiques), lutter contre le réchauffement climatique et diminuer la consommation de pétrole ? Tout d’abord, il faut s’acheminer résolument vers une réduction drastique de la consommation d’énergie. Les économies d’énergie doivent absolument occuper une place prépondérante dans ce programme de sauvegarde de la planète, le gaspillage d’énergie effreiné auquel se livrent les pays riches étant tout simplement scandaleux.

Dans le même temps, il est urgent de financer à fond le développement des énergies renouvelables : solaire, éolienne, hydraulique, biomasse, énergie des marées, géothermie etc. ainsi que la cogénération. Toutes ces alternatives au nucléaire et au pétrole sont à explorer sans tarder, elles constitueront notre capital énergétique de demain !

De courage, il va falloir nous en armer, chers et chères ContrAtomistes, pour réussir à contrer la vague pronucléaire qui déferle actuellement sur les scènes médiatiques ! Merci d’être encore et toujours avec nous ! Ensemble nous réussirons à imposer nos vues. Les graines que l’on sème aujourd’hui finiront bien par germer et un jour ou l’autre on nous donnera raison !

Bonne année antinucléaire à vous et vive la vie !

Anne-Cécile Reimann

(1) Selon le récent rapport du Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat ( GIEC) en France, « l’énergie nucléaire en Europe représente 6% de l’énergie finale, 2% dans le monde, 17% de l’énergie finale en France. Au vu de ces pourcentages, il n’apparaît pas justifié, pour bâtir une stratégie climat, de centrer le débat sur l’énergie nucléaire. (...) les activités qui apparaissent comme les causes premières de l’effet de serre sont les activités industrielles, le transport, la destruction des forêts et les bombes aérosols (et, dans une moindre mesure, le traitement des déchets, le chauffage des bâtiments et les centrales nucléaires !) »

 
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