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Articles par pays :
Grande-Bretagne
Journal par No :
No 79, octobre 2005
Auteurs :
Fabienne Gautier
No 79, octobre 2005
Publié le mardi 16 octobre 2007

Fuite à l’usine de retraitement de Sellafield

Une quantité de liquide importante s’est échappée d’un tuyau à l’intérieur de l’usine de retraitement THORP , à Sellafield (GB).

Fuite ignorée durant des mois Avant d’être découverte, le 21 avril 2005, lors d’une inspection par caméra, cette fuite importante, d’un volume d’environ 83 m3, est passée inaperçue durant plusieurs mois. Pourtant, il ne s’agit pas d’un liquide anodin, mais d’une solution d’acide nitrique contenant environ 20 t d’uranium et 200 kg de plutonium, assez pour produire au moins dix bombes atomiques ! L’usine THORP (Thermal Oxyde Reprocessing Plant) retraite du combustible irradié provenant des centrales nucléaires du monde entier. Sa capacité de traitement est de 800 t/an et elle a traité environ 5700 t de déchets depuis son démarrage en 1994. Les opérations réalisées dans cette usine consistent à dissoudre les combustibles dans l’acide nitrique en ébullition , puis à clarifier les solutions obtenues par centrifugation. L’uranium et le plutonium sont ensuite séparés des produits de fission. La fuite a eu lieu dans la cellule principale de clarification qui n’est pas accessible au personnel et dont les murs assurent la protection radiologique des locaux environnants. Dès la découverte de l’accident, l’exploitation de l’usine a cessé. L’évacuation du liquide, pour laquelle aucune méthode n’a encore été trouvée, durera vraisemblablement plusieurs mois.

A quand la fermeture ? Le laxisme et les négligences des exploitants de l’usine de Sellafield concernant les règles de sûreté sont connus de longue date, tout comme l’extrême danger que ce complexe représente pour l’environnement, notamment en Mer d’Irlande. Ce nouvel incident très sérieux ne fait qu’allonger une liste déjà inquiétante de gabegies, scandales et accidents en tous genres qui ont souvent frôlé la catastrophe. A l’évidence, cette usine devrait être fermée depuis longtemps et la Suisse devrait immédiatement cesser d’y retraiter les déchets provenant de ses centrales.

Déchets suisses à Sellafield Pourtant, selon le Conseil fédéral, « des éléments combustibles usés provenant de centrales nucléaires suisses sont en cours de retraitement à Sellafield. Cette opération est retardée par l’arrêt temporaire de l’usine THORP. » (1) Comme « les contrats conclus entre les exploitants des centrales nucléaires suisses et la société British Nuclear Fuel Inc. (BNFL), qui exploite l’usine de retraitement de Sellafield, sont de droit privé, les autorités suisses ne connaissent pas le détail de leurs dispositions. Le Conseil fédéral ne peut donc pas s’exprimer sur les conséquences contractuelles d’une éventuelle fermeture de l’usine THORP. » (2)

Fabienne Gautier

(1) et (2) Réponse du Conseil fédéral à la question déposée le 17 juin 2005 par la Conseillère nationale Barbara Marty Kälin

 
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