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Articles par thèmes :
EPR
Articles par pays :
France
Journal par No :
No 68, décembre 2002
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann
No 68, décembre 2002
Publié le vendredi 28 septembre 2007

Succès du rassemblement européen à Strasbourg le 20 octobre 2002 10’000 manifestants pour la sortie du nucléaire

Une sacrée belle manif !

Pour une belle manif, ce fut une belle manif ! Beaucoup de monde réuni dans une excellente ambiance, avec le soleil en prime ! Un grand rassemblement : quinze pays européens représentés, une immense chaîne humaine encerclant les institutions européennes, un die-in émouvant : 10’000 personnes couchées sur le sol pour simuler les conséquences d’une catastrophe nucléaire, une imposante marche dans les rues de Strasbourg, suivie, pour clore la manifestation, de prises de parole, dans toutes les langues, des représentants des diverses délégations européennes. Toutes ces énergies réunies pour demander la sortie du nucléaire et pour dire non au nouveau programme de réacteurs nucléaires actuellement à l’étude !

Les Suisses romands se font remarquer

La présence, haute en couleur, des Suisses romands – qui avaient fait le voyage à bord de deux minibus affrétés par le Comité romand de « Sortir du Nucléaire » (merci Isabelle pour l’organisation tip-top !) – n’est certes pas passée inaperçue. Les membres de « Sortir du Nucléaire » avaient embarqué quatre ânes en papier mâché plus vrais que nature, flanqué chacun de l’étendard de l’un des quatre pays d’Europe qui s’entêtent dans le nucléaire, à savoir la Suisse, la France, la Grande-Bretagne et la Finlande. Les militants de Contratom, quant à eux, arboraient d’originaux couvre-chefs surmontés de nos cinq centrales nucléaires : Mühleberg et consorts, ornementées de la pomme de Guillaume Tell, d’une flèche transperçant la centrale, d’une tête de mort et d’un mignon petit drapeau suisse perché tout en haut de l’édifice ! Les panneaux jaunes étaient bien sûr de la partie tandis que notre hymne antinucléaire, peaufiné durant le voyage dans le minibus : « Le nucléaire, c’est la galère, y’en a marre … » (sur l’air de « Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite »), chanté à tue-tête, rythmait la marche de notre petite formation ! Succès garanti !

L’EPR

Voilà donc pour ce qui est de la partie anecdotique de mon compte-rendu. Abordons maintenant la question de l’enjeu fondamental qui a motivé ce grand rassemblement : le projet de mise en œuvre d’un nouveau réacteur nucléaire, l’EPR. Il s’agit d’un projet franco-allemand de réacteur européen à eau sous pression dont la réalisation constituerait la première étape pour préparer la construction des centrales nucléaires qui remplaceront les installations atomiques actuelles. Petit retour en arrière pour celles et ceux qui veulent en savoir plus : en 1989, FRAMATOME1 (France) et le groupe SIEMENS (Allemagne) ont créé une filiale commune nommée Nuclear Power International (NPI) dans le but de concevoir une centrale nucléaire qui serait plus sûre que les centrales actuellement en service et qui pourrait recevoir une autorisation d’exploitation à la fois en France et en Allemagne. En 1992, leurs clients potentiels, EDF et les fournisseurs allemands se sont joints au projet.

En 1995, ces derniers confient à FRAMATOME, SIEMENS et NPI l’étude de la conception d’un réacteur révolutionnaire qui serait basé sur la technologie des réacteurs français et allemands les plus récents. Etant donné qu’entre-temps le gouvernement allemand s’est engagé à sortir du nucléaire, un premier EPR devrait forcément être construit en France, vraisemblablement sur le site d’une centrale nucléaire en service. Le ralentissement des programmes nucléaires en Europe, qui exacerbé la concurrence entre les entreprises sur les rares projets de centrales dans les pays ouverts aux importations, a rendu d’autant plus « souhaitable » la consolidation de l’industrie européenne. En juillet 1999, FRAMATOME et SIEMENS signent un accord avec EDF qui concrétise leur coopération concernant ce réacteur, début décembre 1999, SIEMENS et FRAMATOME annoncent leur fusion ce qui leur permet de devenir les premiers industriels du nucléaire sur le plan mondial. En septembre 2001, la création de l’AREVA (pôle industriel regroupant la COGEMA2, FRAMATOME et le CEA3), ainsi que l’accord entre EDF et la COGEMA pour le retraitement des déchets nucléaires jusqu’en 2015 confirme que l’Etat français est pensé au niveau européen comme le principal fournisseur d’électricité de l’Union européenne. C’est ainsi que les députés de l’As semblée nationale française vont être très probablement appelés à se prononcer sur un investissement de trois milliards d’euros pour la construction d’un prototype de réacteur EPR !

Un scandale

En ce début de troisième millénaire, présenter le nucléaire comme une industrie d’avenir, propre et moderne, est absolument injustifiable et proprement scandaleux. L’Europe que nous léguerons à nos descendants doit impérativement se donner les moyens de sortir du nucléaire et ce n’est évidemment pas sur nos gouvernements respectifs que nous devons compter pour nous sortir de la pétaudière nucléaire. Alors que nous serions en droit d’exiger de ceux qui nous gouvernent et qui sont sensés nous protéger, qu’ils nous soutiennent dans notre combat pour la vie, force nous est de constater que ce sont les intérêts économiques qui prévalent le plus souvent dans leurs dé cisions.

Vive la résistance citoyenne !

Or, si nous nous sommes rendus en grand nombre à Strasbourg, c’est bel et bien pour faire savoir haut et fort à la mafia atomiste internationale et à ceux qui la soutiennent, qu’ils doivent désormais compter avec la résistance citoyenne ! La gestion de notre environnement et de notre avenir n’est plus l’apanage des seuls politiciens, technocrates ou économistes. Nous aussi, habitants de cette planète, avons notre mot à dire. Nous faisons l’histoire. Cette terre est placée sous NOTRE responsabilité : la responsabilité de la conserver vivable pour la transmettre à ceux qui vont nous suivre. Et cette responsabilité nous comptons bien l’assumer. Cette terre, c’est NOTRE affaire à TOUS et il ne sera pas dit que nous la laisserons ficher en l’air pour un peu d’électricité ! Quand la pression venue d’en bas est suffisamment forte, ceux d’en haut finissent toujours par céder ! Faisons donc monter la pression, montrons-nous capables d’organiser, à l’instar des mouvements anti-mondialisation, une résistance citoyenne planétaire au nucléaire.

C’est à cette condition que nous gagnerons notre combat pour la vie : Ensemble, partout, pour la sortie du nucléaire !

Anne-Cécile Reimann

Pour vous présenter l’histoire du projet EPR, j’ai pioché dans un papier produit par la CNT (Confédération Nationale du Travail) à Mulhouse.

1 FRAMATOME : groupe industriel français spécialisé dans la construction et le maintien des centrales nucléaires. Principaux actionnaires :Alcatel-Alsthom, CEA industrie, EDF, Crédit Lyonnais.

2 COGEMA : Compagnie générale des matières nucléaires dont le capital est pour majorité aux mains de l’Etat français. Principaux actionnaires : CEA et Totalfina.

3 CEA : Commissariat français à l’énergie atomique

 
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