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Articles par thèmes :
OMS - AIEA Wladimir Tchertkoff
Articles par pays :
International
Journal par No :
No 84, décembre 2006
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann
No 84, décembre 2006
Publié le samedi 29 septembre 2007

L’OMS toujours sous tutelle

ContrAtom ne lâche pas prise et dénonce une nouvelle fois l’accord contre-nature OMS/AIEA. Historique d’une mobilisation au long cours.

Le 9 novembre 2006, l’Assemblée mondiale de la santé se réunissait en session extraordinaire pour élire son nouveau directeur (c’est une directrice qui a été élue, elle est de nationalité chinoise). Ce jour-là, les délégués, ministres ou ambassadeurs des 192 pays siégeant à l’Assemblée étaient donc présents à Genève, entourés d’une pléiade de journalistes internationaux. En ces circonstances, ContrAtom ne pouvait pas manquer de dénoncer une nouvelle fois les collusions inadmissibles existant entre l’OMS et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Jeudi 9 novembre donc, à 12h30, une quarantaine de ContrAtomistes se retrouvent sur la place des Nations, l’assemblée se tenant à l’ONU. Les pancartes de circonstance sont brandies, une lettre ouverte adressée aux instances de l’OMS est claironnée, les slogans « OMS/AIEA divorce immédiat », « l’OMS soumise à la loi des multinationales sapristi, ça suffit », scandés et la chanson « Le nucléaire c’est la galère » entonnée avec vigueur.

A ContrAtom, on n’oublie jamais que le côté convivial est un facteur important pour maintenir le moral des troupes. Si bien que le vin chaud est servi illico presto, suivi des feuilletés au roquefort, des cakes au citron et des tartines au cenovis. La lettre ouverte a été transmise aux journalistes à l’intérieur de l’ONU par voie informatique. Aura-t-elle été reçue et lue ? C’est une autre histoire !

Longue, longue histoire aussi que celle de notre acharnement à faire entendre nos exigences aux instances de l’OMS, à savoir que cette organisation reprenne ses droits sur l’information pour tout ce qui concerne les effets de la radioactivité sur la santé humaine et qu’à cet effet, l’accord du 28 mai 1959 signé entre l’OMS et l’AIEA soit dûment amendé !

Historique de la mobilisation

Rappelons qu’en février 2001, ContrAtom avait déjà remis, en grandes pompes, conférence de presse et performance artistique à l’appui, deux missives aux instances onusiennes : une lettre adressée à M. Kofi ANNAN, Secrétaire des Nations Unies, et une autre adressée à Mme Gro Brundtland, alors directrice de l’OMS. Ces lettres rappelaient l’accord contre-nature intervenu en 1959 entre les deux organisations et demandaient que l’OMS soit affranchie des contraintes qui la lient à l’AIEA, promoteur officiel du nucléaire commercial.

Bien que cette action ait eu un assez bon écho dans la presse, les résultats sur le terrain furent quant à eux assez décevants : pas de réponse de l’ONU, réponse convenue de l’OMS : l’accord avec l’AIEA ne gênerait en aucune façon le boulot de l’OMS !

En mai 2001, à l’occasion de l’Assemblée annuelle mondiale de la santé, ContrAtom récidive : manifestation devant l’ONU pour rappeler nos exigences aux ministres siégeant à Genève.

Et l’année suivante, rebelote : le 15 mai 2002, les ContrAtomistes se retrouvent une nouvelle fois sur la place des Nations pour la remise cette fois de 2.500 signatures apposées au bas des lettres adressées l’année précédente à l’ONU et à l’OMS, avec toujours la même pressante demande : la libération de l’OMS des liens contre-nature qui l’enchaînent à l’AIEA. A cette occasion, le Professeur Michel Fernex, représentant de l’Association des Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, a évoqué une nouvelle fois les manquements de l’OMS concernant la catastrophe de Tchernobyl et la censure exercée à maintes reprises par l’AIEA afin que rien de gênant pour le lobby nucléaire ne soit publié. Lors de ce rassemblement, un document-clé qui constitue une preuve flagrante des collusions OMS/AIEA, à savoir le début du film « Controverses nucléaires » de Wladimir Tchertkoff est diffusé sur une vidéo de fortune installée dans une camionnette. On y voit notamment le Professeur Fernex dialoguer avec le Professeur Nakajima, ancien Directeur de l’OMS. Ce dernier déclare clairement qu’entre l’OMS et l’AIEA, aucun doute n’est possible quant à savoir qui commande : pour tout ce qui concerne le nucléaire tant civil que militaire, c’est bel et bien l’AIEA qui mène la barque. Cela s’explique par le fait que cette instance dépend directement du Conseil de sécurité de l’ONU, donc des grandes puissances, tandis que d’autres agences spécialisées, telles que l’OMS ne sont rattachées qu’au Conseil du développement économique et social. « Ce n’est pas une question de hiérarchie nous sommes tous égaux, a-t-il textuellement déclaré, mais dans les affaires atomiques, dans l’utilisation militaire et dans l’utilisation pacifique ou civil du nucléaire, c’est l’organisation qui dépend du Conseil de sécurité qui a autorité. »

Après une telle déclaration émanant d’une personne qui sait de quoi elle parle, les instances de l’OMS, qui jurent que l’accord incriminé ne gêne en rien leur mission, ne peuvent qu’aller se rhabiller ! Pendant plusieurs années, nous avons espéré qu’une prise de conscience internationale allait naître et que les nombreuses impostures de l’OMS résultant de ses liens avec l’AIEA finiraient par éclater au grand jour et susciter enfin des réactions salutaires, notamment après la publication, en mars 2002, du rapport « final » sur l’uranium appauvri du Groupe de travail sur les Balkans. Scandaleusement, ce rapport concluait que l’utilisation de l’uranium appauvri dans les conflits ne posait pas vraiment de problème.

Pas question pour ContrAtom de lâcher prise, raison de notre énième rassemblement devant l’ONU en novembre dernier dont je vous parlais au début de cet article. Des actions internationales se mettent en place, une nouvelle pétition adressée aux divers ministres siégeant à l’OMS est en préparation. Cette mobilisation est très importante car aussi longtemps que les organisations internationales continueront à minimiser l’impact des effets de la radioactivité sur l’être humain et l’environnement, l’opinion publique, maintenue dans l’ignorance, continuera à penser que l’atome, tout compte fait, ce n’est pas si dangereux et que la construction de nouvelles centrales nucléaires est une option acceptable !

Anne-Cécile Reimann

 
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