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LME Déchets - Retraitement
Articles par pays :
Suisse
Journal par No :
No 79, octobre 2005
Auteurs :
Fabienne Gautier Pierre Vanek Philippe Progin
No 79, octobre 2005
Publié le dimanche 7 octobre 2007

P. Progin

P. Vanek

F. Gautier


Quoi de neuf à Benken ?

Où en est-on à Benken, ce village situé dans le vignoble zurichois où un projet de dépôt de déchets hautement radioactifs défraie la chronique et dans lequel ContrAtom a fait un court séjour lors de la manifestation du 12 septembre 2004.

Un autre site ?

Peu de temps après la manifestation de protestation, le 28 septembre 2004, le Conseiller fédéral Moritz Leuenberger a demandé à la NAGRA de présenter une alternative au site de Benken. La raison de cette demande vient du fait qu’en 2005, la nouvelle loi sur l’énergie nucléaire entre en force. Cela signifie que les cantons n’ont plus rien à dire et que seul Berne décide. Moritz Leuenberger pense que le peuple verrait d’un mauvais œil la focalisation de la NAGRA sur l’argile à Opalinus de la région de Benken, il désire par conséquent que d’autre propositions lui soient faites (si possible). Le peuple a le droit de se taire

Le 17 janvier 2005, l’initiative populaire zurichoise « Nucléaire : au peuple de décider » a dû malheureusement être retirée car l’application de la nouvelle loi sur le nucléaire ne laisse plus de voix aux habitants des cantons. L’initiative zurichoise avait abouti le 11 mars 2002 avec 15 000 signatures et a été déclarée valable par le Grand Conseil zurichois. Tout ça pour rien !

Cette initiative demandait que la concession pour un dépôt de déchets radioactifs dans le canton de Zurich soit soumise au scrutin populaire, de façon démocratique. C’est ainsi que cela s’était d’ailleurs passé en 1991 dans le canton de Nidwald concernant le projet de dépôt au Wellenberg. On ne peut laisser les scientifiques et les soi-disant experts décider seuls de l’emplacement d’un dépôt de déchets radioactifs, il faut l’accord de la population locale, cela semble évident ! Doutes des experts

Le 25 mai 2005, John Large, expert nucléaire anglais tient une conférence sur la sûreté d’un dépôt final à Benken et interpelle la NAGRA sur plusieurs points. Il émet notamment des doutes sur la possibilité de récupérer les déchets comme le soutient la NAGRA. Les fûts de stockage poseront également problème. Il ne serait en effet pas exclu que les matériaux proposés laissent échapper des gaz qui attaquent la « barrière » des couches d’opaline argileuse. Les transports de déchets hautement radioactifs sont également montrés du doigt, bien que la NAGRA rétorque qu’ils se dérouleront conformément aux prescriptions internationales et qu’ils sont sûrs !

Premier feu vert de l’OFEN

Le 12 septembre 2005, la NAGRA a présenté son rapport sur Benken dont les résultats sont validés par l’Office fédéral de l’énergie ! Ce rapport est mis à l’enquête publique du 12 septembre au 12 décembre. Divers groupements pourront donner leur avis et exprimer leurs doutes ou leurs convictions sur le sujet. Au terme de ce délai, nous saurons si la démonstration de la faisabilité d’un entreposage final à sécurité maximale à Benken est jugée suffisante et acceptable. Il s’agit là d’une décision dramatiquement importante qui va engager l’avenir de notre planète et des générations qui vont nous suivre. Puisse la raison l’emporter ! Les opposants ont quant à eux d’ores et déjà pris position : ils exigent que des experts extérieurs et neutres réexaminent tout le dossier.

Philippe Progin


Déchets radioactifs suisses : mode d’emploi

D’où proviennent nos déchets ?

a) Déchets radioactifs provenant du cycle du combustible, de l’exploitation et du démantèlement du réacteur :

  • Centrale nucléaire de Leibstadt (Argovie) en service depuis 1984
  • Centrale nucléaire de Beznau (Argovie) en service depuis 1969 pour Beznau I et depuis 1971 pour Beznau II.
  • Centrale nucléaire de Gösgen (Argovie) en service depuis 1979.
  • Centrale nucléaire de Mühleberg (Berne) en service depuis 1971.

b) Déchets radioactifs provenant de la médecine, de l’industrie et de la recherche, produits dans toute la Suisse. Où sont-ils entreposés actuellement ?

Après avoir été durant des décennies déversés dans l’Atlantique, puis envoyés à La Hague et à Sellafield en vue de retraitement, ils sont actuellement stockés provisoirement dans le dépôt intermédiaire Zwilag à Würenlingen, en Argovie, pour les déchets des centrales nucléaires suisses et dans l’entrepôt de la Confédération pour les déchets radioactifs provenant de la médecine, de l’industrie et de la recherche.

Où se font actuellement les recherches en vue de l’entreposage définitif ? Laboratoires de recherches :

  • Laboratoire international souterrain du Mont Terri (Jura), aménagé dans la roche opaline argileuse (direction : Office fédéral des eaux et de la géologie).
  • Laboratoire souterrain du Grimsel (Berne), centre international de recherches aménagé dans le granit. Les recherches ont commencé en 1984.
  • Le Wellenberg (Nidwald) avait été proposé comme site de stockage des déchets de faible et moyenne activité. Il a été abandonné suite au rejet, par le peuple de Nidwald, de la concession pour une galerie de sondage.
  • Région du Weinland zurichois. La démonstration de la faisabilité du stockage géologique a été soumise au Conseil fédéral fin 2002 et il doit l’entériner à la fin de cette année.

Article manque ???


Le nucléaire n’a pas d’avenir

Nous sommes sans doute les seules générations à pouvoir nous livrer impunément au gaspillage énergétique actuel et il y a fort à parier que nos enfants vivront cette question cruciale de manière diamétralement opposée. Notre rôle, s’il était correctement assumé, serait de les préparer à ce défi. Mais qui s’en préoccupe ? Nos choix actuels en matière de politique énergétique sont pourtant vitaux pour les générations futures.

Fin d’une civilisation

Il est clair que le mode de vie développé à outrance par notre civilisation occidentale depuis le milieu du siècle dernier, basé sur une consommation d’énergie effrénée, arrive à son apogée. Nous devons nous préparer à amorcer une descente vertigineuse car, au rythme de consommation actuel, les réserves prouvées d’énergies fossiles - uranium compris - ne sont suffisantes que pour quelques décennies. La conclusion s’impose d’elle-même : nos systèmes de production et de consommation d’énergie doivent très rapidement changer. Il faut que nous fassions enfin l’effort de modifier notre façon d’appréhender la question en pensant à économiser à la place de produire et en nous tournant résolument et sans hésitation vers des sources d’énergies renouvelables. Dans ce contexte, la production d’électricité nucléaire est un non-sens.

Impasse nucléaire

En France par exemple, la politique de maîtrise de l’énergie mise en route dès 1973 après le premier choc pétrolier a été complètement ruinée avec l’arrivée sur le marché d’un important surplus d’électricité nucléaire dès le début des années 1980 qui a totalement démobilisé la population. Les efforts français auraient sans doute porté leurs fruits, comme ce fut le cas au Danemark (1), si le pays avait alors choisi de mettre en place des planifications énergétiques territoriales décentralisées beaucoup plus efficaces en matière de maîtrise de la consommation énergétique qu’un programme centralisé. L’exemple français doit servir de leçon : chaque pas qui est fait en direction de l’industrie nucléaire nous éloigne de la résolution des problèmes énergétiques de notre génération et des suivantes.

Le spectre de la pénurie

Pourtant, juste avant l’été, le groupe zurichois Axpo, plus grand producteur d’électricité helvétique, faisait savoir qu’il souhaitait la construction prochaine d’une nouvelle centrale nucléaire en Suisse. Arguant que le rythme de la consommation électrique augmentait, il excluait tout avenir énergétique sans atome. Les industriels ont, bien entendu, tout intérêt à produire le plus possible et, par conséquent, ils tablent sur une augmentation continue de la consommation. Certains spécialistes estiment au contraire tout à fait plausible de consommer 3000 Watts par personne et par an en Suisse d’ici une trentaine d’années au lieu des 6000 actuels. On pourrait même parvenir à terme, selon les calculs de chercheurs de l’Ecole Polytechnique Fédérale, à « une société 2000 Watt », pour un niveau de confort égal. (2)

Soutenir les efforts

Les potentiels d’économies sont énormes et il appartient aux instances politiques de soutenir fermement les démarches visant à maîtriser la consommation : fiscalité incitative, aides financières à l’installation de systèmes de chauffage et d’isolation performants ou de production électrique décentralisée, avec possibilité de vendre le courant produit au prix de revient, mise en place de moyens de recherche, d’information et d’éducation véritablement efficaces. Dans quelques mois, les perspectives énergétiques de la Suisse à l’horizon 2035 seront présentées par l’Office fédéral de l’énergie. Espérons que les experts ne se tromperont pas de route et tourneront résolument le dos au nucléaire, énergie sans avenir. Il serait plus que temps.

Fabienne Gautier

1 Dès le premier choc pétrolier, le Danemark s’est tourné vers les énergies renouvelables. Aujourd’hui, près de 3 100 mégawatts (MW) éoliens sont installés. En France, seuls 405 MW étaient disponibles fin 2004.

2 www.novatlantis.ch

 
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