association antinucléaire genevoise    logo
Accueil du siteMédiasLivres
Dernière mise à jour :
mardi 2 janvier 2018
Statistiques éditoriales :
438 Articles
2 Brèves
1 Site Web
3 Auteurs

Statistiques des visites :
1322 aujourd'hui
1518 hier
1103128 depuis le début
   
Livres parus pour les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl
Publié le lundi 15 octobre 2007

Beaucoup de livres paraissent à l’occasion des 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl.

En voici une sélection.

En premier lieu, le récit de prison du Professeur Youri Bandazhevsky, « La philosophie de ma vie. Journal de prison, Tchernobyl 20 ans après », Jean-Claude Gawsewitch Editeur.

Rappelons le destin hors du commun de ce scientifique qui voulait connaître la vérité sur les conséquences de Tchernobyl : médecin biélorusse de renom, le Professeur Youri Bandazhevsky était destiné à une brillante carrière. L’explosion, en avril 1986, du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, en a décidé autrement.

Le Belarus est lourdement touché et notamment la région de Gomel, où le Pr. Bandazhevsky obtient l’autorisation de créer un institut de médecine en 1990, pour former les médecins qui font cruellement défaut aux victimes de Tchernobyl.

De 1991 à 1999, Youri Bandazhevsky accumule les observations et les recherches. Il démontre les effets nocifs sur l’organisme de l’ingestion chronique d’aliments contaminés et dénonce le gaspillage des fonds normalement destinés aux recherches sur les conséquences de Tchernobyl. C’est beaucoup trop pour les autorités. Il est brutalement arrêté en juillet 1999 et c’est le début de la descente aux enfers. Le Professeur Bandazhevsky a recouvré la liberté en août 2005 mais il est toujours privé de ses outils de recherche. La Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD), association française possédant un laboratoire d’analyse indépendant à Valence, a mis en place avec Youri Bandazhevsky un partenariat scientifique et conçu à sa demande un vaste projet : créer un laboratoire indépendant au Belarus, le laboratoire CRIIRAD & Bandazhevsky, afin de mettre fin à une situation injuste et permettre la poursuite de recherches essentielles pour notre radioprotection. La CRIIRAD distribue ce livre et reversera l’intégralité des bénéfices pour le financement du laboratoire CRIIRAD-Bandazhevsky. Les droits d’auteur seront également entièrement destinés au projet. L’éditeur ayant fixé le prix de vente de l’ouvrage à 21€, vous pouvez vous le procurer auprès de la CRIIRAD pour 23,80 € (21€ + 2,80 € de frais de port).Vous soutiendrez ainsi directement la cause de Youri Bandazhevsky.

CRIIRAD - 471 av. Victor Hugo 26000 VALENCE - FRANCE Tel : 04 75 41 82 50 / Fax : 04 75 81 26 48 contact@criirad.org www.criirad.org.


Les éditions des Arènes viennent de publier l’ouvrage d’Igor Kostine, « Tchernobyl, confessions d’un reporter ». Surnommé « l’homme légendaire » par le Washington Post, Igor Kostine est un témoin capital de la catastrophe de Tchernobyl. Le 26 avril 1986, quelques heures seulement après l’explosion, il survole la centrale. La radioactivité est si forte que toutes ses pellicules deviennent noires. Une seule photo pourra être sauvée : elle fera le tour du monde. Surpris par l’ampleur de la catastrophe et par le silence des autorités, Igor Kostine décide de rester sur place et de vivre au milieu des 800000 « liquidateurs » qui se succéderont sur le site de l’accident.

Lui-même irradié, il n’aura de cesse, vingt années durant, de photographier la centrale et la zone interdite qui l’entoure. Son histoire se confond avec celle de Tchernobyl. Il a vu l’évacuation des villages, le désespoir et le courage des populations, la construction du sarcophage, les hommes déplaçant à mains nues des blocs radioactifs, les cimetières de machines, les jardins et les vergers contaminés redevenus des terres sauvages où l’homme n’a plus sa place. Pour la première fois, il raconte, en mots et en images.

Une coédition Corbis / France Inter - 240 pages - 34,80 €.


« Le Crime de Tchernobyl », Wladimir Tchertkoff

L’auteur, journaliste, également réalisateur de nombreux documentaires, dénonce, preuves à l’appui, le lobby nucléaire qui s’efforce par tous les moyens de minimiser l’ampleur d’une des plus grandes catastrophes du XXe siècle.

Il a enregistré les voix des victimes de la catastrophe de Tchernobyl dans leurs villages du nord de l’Ukraine et dans les forêts du sud de la Biélorussie. Ce sont ces millions de paysans pauvres qui mangent quotidiennement du césium 137 avec leurs aliments, ces jeunes mères contaminées qui deviennent sans le savoir source de poison pour les nouvelles vies qui se forment en elles. Ce sont ces enfants condamnés qui, s’ils naissent apparemment sains, grandissent mal, car ils se nourrissent de radionucléides matin, midi et soir… Ce sont les « liquidateurs », sauveurs ignorés de l’Europe, envoyés au sacrifice pour éteindre l’incendie de la centrale, qui souffrent de toutes les maladies inconnues de l’atome. Des centaines de milliers sont invalides, des dizaines de milliers sont morts jeunes et continuent de mourir dans des souffrances inimaginables… Et ce sont enfin les médecins et les physiciens peu nombreux à ne pas se soumettre au lobby nucléaire. Le livre rend compte également du combat de deux scientifiques biélorusses qui ont mis en jeu leur carrière, leur santé et leur sécurité personnelle pour venir en aide aux populations contaminées. Dissidents malgré eux, à cause de l’interdit imposé par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique de Vienne à la reconnaissance des effets des faibles doses des radiations ionisantes sur la santé, le physicien Vassili Nesterenko et le médecin et anatomopathologiste Youri Bandazhevsky sont persécutés, avec la complicité tacite d’organisations françaises et allemandes, pour s’être opposés au dogme officiel. Malgré l’ampleur du désastre prophétique qui faillit rendre l’Europe inhabitable, l’atome, à la faveur de la crise de l’énergie, revient sur le devant de la scène. On envisage tranquillement de quadrupler le nombre des 450 réacteurs existant de par le monde. Les Etats-Unis, l’Europe vont s’y mettre, la France n’est pas en reste, avec l’EPR de Flamanville prévu pour 2011-2012, tandis que la Russie programme une centrale nucléaire flottante ancrée au pôle Nord… Rien moins que des bombes lancées dans le futur, rien moins que l’Apocalypse annoncée !

Actes sud, 282 pages, 20,00 €.


« L’Insécurité nucléaire (Bientôt un Tchernobyl en France ?) », Stéphane Lhomme

Vieillissant et soumis à d’importantes restrictions budgétaires, le parc nucléaire pourrait sous peu causer un véritable « Tchernobyl français ». L’auteur, également porte-parole du réseau français Sortir du Nucléaire, fait un tour d’horizon complet et référencé des risques : défaillances diverses, incendies, séismes, négligences, transports, terrorisme, prolifération…

Refusant de tenir compte de ces avertissements, et avant même que des débats ne soient organisés, le gouvernement français a déjà imposé sa décision de construire de nouveaux réacteurs. Pourtant, les déchets radioactifs restent sans solution et le risque d’accident est plus élevé que jamais.

D’ailleurs, l’auteur montre par une passionnante enquête comment le lobby atomique et celui de l’agriculture productiviste nous préparent à survivre en zones contaminées en cas de catastrophe nucléaire. Des « stratégies de survie » sont discrètement étudiées et déjà même expérimentées en France.

Alors qu’elle impose un risque maximal, l’industrie nucléaire n’a en réalité sur la planète qu’une place marginale et déclinante : l’auteur montre qu’elle est de fait incapable de répondre à la crise énergétique et climatique, contrairement aux économies d’énergies et aux énergies renouvelables qui représentent la seule alternative d’avenir.