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Réseau Sortir du nucléaire
Allemagne : des leucémies en plus grand nombre près des centrales nucléaires
Publié le mercredi 12 décembre 2007

L’incidence des leucémies chez les jeunes enfants serait deux fois plus forte près des centrales nucléaires. L’étude universitaire est sérieuse, mais contredit les explications scientifiques. Un embarras pour le plan énergétique d’Angela Merkel.

Nouveau coup dur pour le nucléaire en Allemagne : une étude de l’université de Mayence montre que, parmi les enfants de moins de cinq ans grandissant à moins de cinq kilomètres d’une des seize centrales atomiques du pays, les cas de leucémie sont deux fois plus fréquents que dans d’autres régions. Même si les scientifiques n’ont pas pu prouver de relation de cause à effet, cette statistique inquiétante renforce le camp des sceptiques.

L’accord sur la sortie du nucléaire, passé entre le gouvernement Schröder et les groupes d’électricité, prévoit la déconnexion de la dernière centrale en 2023. Tant les protagonistes que les adversaires du nucléaire admettent que l’étude est sérieuse. L’université de Mayence tient depuis longtemps un registre du cancer des enfants. Sur demande de l’Office fédéral pour la protection contre les radiations, elle a étudié les cas de leucémie apparus dans un rayon de cinq kilomètres autour des centrales nucléaires.

Plus du double de cas Résultat : entre 1980 et 2003, 37 enfants de moins de cinq ans vivant dans le voisinage des réacteurs ont été atteints de leucémie ; dans les régions éloignées, la moyenne statistique est de 17 cas. Les auteurs de l’étude en concluent que 20 enfants supplémentaires ont été atteints en l’espace de 23 ans, parce qu’ils vivaient près des centrales, soit moins d’un cas critique par an. De plus, de 1980 à 2003, en Allemagne, près de 5900 enfants de moins de cinq ans ont été frappés par ce mal. L’étude de l’Université de Mayence semble prouver que la leucémie apparaît plus fréquemment à proximité des centrales nucléaires qu’ailleurs.

Mais les auteurs ne veulent pas exclure comme explication des « facteurs perturbateurs » non précisés, un effet de sélection ou simplement le hasard. Le ministre de l’Ecologie social-démocrate, Sigmar Gabriel, pourtant un adversaire du nucléaire, relève « que l’étude ne prouve pas de relation de cause à effet entre centrales et leucémie », et indique que, pour cette raison, il ne peut pas simplement fermer les centrales nucléaires. Il a confié le dossier à la Commission fédérale de protection contre les radiations. Le désarroi est grand : sur le plan médical, il est avéré que la radioactivité des centrales est mille fois trop faible pour déclencher un cancer dans le corps d’un petit enfant.

Radioactivité minime En Allemagne, la radioactivité mesurée à proximité des réacteurs ne doit pas dépasser 0,3 milli-Sievert (mSV) par an. Il s’agit là d’un seuil très bas, puisque la radioactivité naturelle dans la Forêt Noire ou les Alpes atteint 1,4 mSV par an et celle des appareils médicaux 1,8 mSV. L’étude alarmante est publiée à un moment délicat pour la chancelière Angela Merkel : la physicienne, qui vient de faire adopter un programme climatique ambitieux, est convaincue que, pour atteindre ses objectifs anti-CO2, l’Allemagne devra prolonger la durée de fonctionnement des centrales nucléaires qui n’émettent évidemment pas de gaz à effet de serre.

La Libre Belgique - 10/12/2007 - Marcel Linden