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Articles par thèmes :
OMS - AIEA
Journal par No :
No 68, décembre 2002
Auteurs :
Paul Bonny
No 68, décembre 2002
Publié le samedi 29 septembre 2007

Solange et Michel Fernex reçus à l’OMS

Il se pourrait bien que la pression exercée lors des récentes manifestations organisées par ContrAtom devant les sièges de l’OMS et de l’ONU commence à porter ses fruits : la direction de l’OMS a enfin souhaité connaître les intentions et les attentes de ceux qui viennent troubler sa quiétude avec tant de constance. Depuis le 18 juillet dernier, c’est chose faite.

L’OMS était représentée par le Dr David Nabarro, Executive Director, ainsi que par deux membres du Dept. of Protection of Human Environment : Dr Richard Helmer et Dr Michaël Repacholi.

Solange et Michel Fernex étaient accompagnés par le Président d’IPPNW, M. Jean-Luc Rioud.

A deux reprises, le Dr Nabarro laisse entendre que cette délégation représente aussi ContrAtom.

M. Fernex précise alors qu’il n’était pas le représentant officiel de ContrAtom mais qu’il participait activement aux efforts de cette association en vue d’amender l’accord qui lie l’OMS à l’AIEA1.

Axé essentiellement sur cet amendement, revendiqué également par IPPNW, WILPF et de nombreuses autres ONG, cet entretien a fourni l’occasion d’aborder en outre un sujet d’une brûlante actualité : la libération du prof. Youri Bandazhevsky, prisonnier de conscience en Belarus, ainsi que plusieurs personnalités emprisonnées pour les mêmes motifs. Le Dr Nabarro exprime son inquiétude à ce propos.

La position de l’OMS a de la peine à évoluer, mais on semble hésiter à répéter, comme par le passé : « l’accord avec l’AIEA n’est pas un obstacle à l’indépendance et à la transparence des travaux de l’OMS liés à l’atome. Il n’a pas empêché cette or ganisation d’être présente à Tchernobyl avant 1992. »

Il a été rappelé qu’un projet de recherche sur les conséquences de Tchernobyl au niveau génétique avait cédé la place, en 1991, à l’OMS, à une étude des caries dentaires chez l’enfant ! M. Fernex produit un document distribué au congrès de l’OMS en 1995 : il y est précisé que ce projet a été effectivement rédigé par l’AIEA et non par l’OMS.

Le Dr Nabarro a demandé à ses hôtes : « Que feriez-vous ? » Réponse : l’OMS a coutume, face à un nouveau problème (Tchernobyl) de réunir des « Scientific Working Groups », à l’instar de celui qui publia, en 1956, le fameux rapport sur les « Effets génétiques des radiations chez l’homme », la première - et dernière - mise en garde fiable sur les véritables dangers que l’industrie nucléaire impose à la société. Des scientifiques intègres, comme A.J. Jeffreys, prix Nobel de génétique, sont capables aujourd’hui de prendre le relais. Il faut, en outre, cesser de se référer à Hiroshima et Nagasaki dans l’étude des effets génétiques des radiations : il y a effectivement une différence fondamentale entre les effets biologiques d’une énorme irradiation d’une très courte durée (quelques secondes) et une irradiation chronique par des faibles doses persistant durant des années.

Un important sujet d’études serait celui des effets du césium 137 incorporé par le système cardiovasculaire. Le prof. Bandazhevsky et la Dr Galina Bandazhevskaya, cardiologue et pédiatre, sont particulièrement compétents dans ce domaine.

L’étude de l’accumulation du césium dans les glandes endocrines et le placenta pourrait également expliquer l’augmentation des fausses-couches, des malformations congénitales et de la stérilité.

L’impact des radiations de Tchernobyl sur le système immunitaire mériterait également une étude approfondie. Même si les spécialistes de l’AIEA ont décrété que « le stress et la vodka font des dégâts plus importants que les radiations… ». Un argument peu convaincant lorsqu’on constate les ravages du diabète chez des enfants de 6 à 10 mois.

Les dommages neuro-psychiques subis par les « liquidateurs », dus aux isotopes d’uranium et de plutonium mériteraient également d’être étudiés. S’il est trop tard pour aider les victimes de cette contamination provoquée par l’inhalation de poussières radioactives, il est souhaitable de prendre les mesures préventives qui s’imposent : interdire les armes à base d’uranium appauvri.

Une équipe internationale de spécialistes devrait reprendre et poursuivre les travaux et expériences du Prof. Bandazhevsky, l’OMS jouant le rôle de coordinateur. Ces travaux permettraient de progresser dans la voie de l’aide aux populations exposées aux radiations par le traitement à base de pectine de pommes qui a déjà fait ses preuves.

Par ailleurs, il serait hautement souhaitable que l’origine du financement des « experts » nucléaires soit examiné, comme ce fut le cas dans le domaine du tabac, afin d’évaluer leur degré de crédibilité.

A l’issue de la séance brièvement évoquée ci-dessus, le Dr Nabarro s’est dit prêt à poursuivre, par toutes les voies de communication disponibles, nos efforts communs pour venir en aide aux victimes de cette tragédie qui, selon Kofi Annan, ne fait que commencer.

Paul Bonny

(Synthèse d’un mémo en anglais transmis par M. Fernex)

 
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