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Articles par thèmes :
Tchernobyl
Articles par pays :
Russie - Europe de l’Est
Journal par No :
No 77, avril 2005
Auteurs :
Réseau Sortir du nucléaire
No 77, avril 2005
Publié le dimanche 30 septembre 2007

Tchernobyl en France : restez SAGE*

Sur le même modèle que l’AIEA(1), au niveau mondial, qui empêche l’OMS(2) de remplir sa mission de protection sanitaire des populations, il existe d’autres structures écrans au service du nucléaire civil. En Europe, par exemple, sous couvert de mission humanitaire, le CEPN(3) vise à supprimer toute entrave au développement de l’industrie nucléaire, avec l’aide de la Suisse notamment.

Sous-évaluer les risques

Si une catastrophe nucléaire se produisait en France, les entreprises de l’atome et les autorités ne diraient pas « nous avons eu tort, le nucléaire est vraiment trop dangereux, il faut programmer la fin la plus rapide de cette industrie », ils diraient : « bien sûr, cet évènement est regrettable, mais la situation n’est pas si grave. Grâce aux études que nous avons menées après Tchernobyl, nous vous assurons que vous allez pouvoir continuer à vivre tout à fait normalement. » Si vous pensez que les promoteurs du nucléaire n’oseront pas aller aussi loin dans le cynisme, sachez que vous vous trompez et que cette tentative de manipulation est déjà en marche, sous le nom de SAGE qui signifie en français : Stratégies pour le développement d’une culture de protection radiologique pratique en Europe en cas de contamination radioactive à long terme suite à un accident nucléaire. Ce programme est mis en œuvre par le CEPN, une « modeste » association de quatre membres seulement, mais de poids : EDF, la Cogéma (désormais composante du groupe Areva), le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). C’est précisément ce qu’il est convenu d’appeler le lobby nucléaire. SAGE est l’application pour l’Europe occidentale du programme de désinformation ETHOS, mené de 1996 à 2001 en Biélorussie, dans les zones contaminées par la catastrophe de Tchernobyl. Comme SAGE, ETHOS a été principalement mis en œuvre par le CEPN. Pourquoi le lobby nucléaire français dépense-t-il de l’argent - notre argent d’ailleurs(4) - dans les zones contaminées ?

Tchernobyl comme modèle

Nous affirmons que cette démarche n’a rien d’humanitaire. La meilleure défense étant l’attaque, le lobby nucléaire a décidé de ne pas subir et de faire d’une pierre deux coups :

  • minimiser le plus possible les conséquences de Tchernobyl dont le souvenir nuit au développement de l’industrie atomique,
  • survivre à une nouvelle catastrophe nucléaire, y compris si elle se produisait en Europe occidentale. Pour ce faire, le lobby nucléaire s’est donné pour mission d’imposer les idées suivantes en cas d’accident majeur :
  • seule une petite zone géographique doit être évacuée
  • vivre en zone contaminée est tout à fait possible
  • il est possible de réhabiliter les zones contaminées
  • les conséquences sur la population sont bien moins graves qu’on ne le pense généralement
  • la plupart des maladies dans les zones contaminées sont en réalité… psychosomatiques ! En appliquant de tels « enseignements », le lobby nucléaire parviendrait à minimiser les conséquences financières d’un nouveau désastre, de même que le coût en terme d’image : le message serait « le nucléaire n’est pas si dangereux puisque même une catastrophe a des conséquences limitées ».

Mensonges

La réalité est malheureusement bien différente :

  • Des millions d’habitants survivent dans des zones qui auraient dû être évacuées.
  • Une majorité d’enfants sont atteints par des maladies habituellement réservées aux personnes âgées : maladies du cœur, du foie, rhumatismes etc.
  • 19 ans après le drame, beaucoup d’aliments sont toujours contaminés.

Mais, même s’il était possible de minimiser les conséquences d’une catastrophe nucléaire et de « réhabiliter » des zones contaminées (ce qui est impossible), le raisonnement que l’on veut nous faire tenir est inacceptable : le lobby nucléaire veut nous amener à penser qu’on pourrait limiter les conséquences d’une catastrophe nucléaire, alors que la seule position acceptable est qu’il ne faut pas qu’une catastrophe nucléaire soit possible. Or, les centrales nucléaires vieillissent et les budgets de maintenance sont revus à la baisse du fait de la libéralisation des marchés et de l’ouverture du capital des entreprises du nucléaire. Conclusion logique : le lobby nucléaire se prépare à survivre à une nouvelle catastrophe nucléaire en développant divers programmes de désinformation.

Réseau « Sortir du nucléaire » - Février 2005

* SAGE : Strategies And Guidance for Establishing a practical radiation protection culture in Europe in case of long term radioactive contamination after a nuclear accident

1 Agence internationale de l’énergie atomique

2 Organisation mondiale de la santé

3 Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire.

4 Le programme ETHOS est majoritairement financés par l’argent public, budgets européens et Ministère suisse des affaires étrangères.

 
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