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Superphénix
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Russie - Europe de l’Est Japon
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No 68, décembre 2002
No 68, décembre 2002
Publié le lundi 1er octobre 2007

A propos de Superphénix

Asseyez-vous, respirez profondément : d’inquiétantes rumeurs circulent dans les chaumières. Le monstre ne serait pas vraiment mort ! J’ai d’abord cru à un canular jusqu’à ce que je tombe sur un article d’Eric Rossay paru dans le Charlie Hebdo du 13 novembre, intitulé : « Superphénix attend de renaître » et dont le contenu laisse songeur tant il est plausible ! Selon l’auteur, EDF n’aurait que « baissé la tête » quand le gouvernement socialiste, appuyé par les écolos, a décidé de fermer le surgénérateur de Creys-Malville, mais n’aurait pas totalement renoncé à ses rêves de puissance. Résultat, le démantèlement se fait au rythme d’un boulon par mois, en attendant que le pouvoir de droite décide de remettre en route cet oiseau de malheur ! Les preuves, poursuit Eric Rossay, là je le cite texto : On les trouve dans un document interne de Creys-Malville : « Le combustible neuf, du deuxième cœur initialement prévu, sera (…) entreposé dans l’atelier pour l’évacuation du combustible. Il est constitué de 396 éléments dont 185 assemblages déjà stockés sur le site, 211 encore à Cadarache (Cogéma), lesquels seront livrés à Creys-Malville après l’obtention des autorisations nécessaires ». Ce document ajoute que, « considéré comme une réserve énergétique, l’ensemble de ce combustible (sous-entendu le plutonium) pourra être retraité dans quelques années en fonction des besoins énergétiques futurs »… Vous avez compris, EDF laisse passer l’orage et attend que Jacques Chirac ponde discrètement un arrêté permettant de remettre en route Superphénix. Rien de plus facile, depuis cinq ans, la centrale n’a retiré que quelques éléments parmi les plus voyants, comme les 48 cheminées installées sur le toit des générateurs de vapeur. Les 500 employés, toujours salariés de Creys-Malville, n’auront donc pas trop de mal à tout remettre en place le moment venu. D’autant que le décret du 30 décembre 1998 autorise le déchargement du réacteur et la vidange du sodium, rien d’autre. Il faut de « nouvelles autorisations réglementaires, dès 2003, pour poursuivre la « déconstruction » de la centrale de Creys-Malville ». Et, curieusement, pour une fois, personne ne râle contre les lourdeurs administratives. Alors, les contratomistes, qu’en pensez-vous ? Cela fait froid dans le dos, non ? On s’informe et on se tient au courant !

Le 12 novembre dernier, une vingtaine d’employés de l’usine de retraitement de combustibles nucléaires de Dounreay, dans le Caithness, en Ecosse, ont été contaminés par des particules radioactives

L’alarme a été donnée après que des radiations eurent été détectées sur les chaussures d’un employé de l’usine. De la poussière radioactive a été ensuite trouvée sur les mains de deux autres membres du personnel - dont l’un en avait sur le visage - puis, sur les chaussures de dix-huit « Il est difficile de faire une évaluation quantitative pour l’instant, mais nous pensons que les risques encourus sont faibles. Le bâtiment a été fermé. Il n’y a aucune émission radioactive dans l’environnement et il n’y a pas d’indication que les ouvriers concernés aient été irradiés » a estimé le porte-parole de l’Autorité britannique de l’énergie atomique (yes Sir, compte dessus et bois de l’eau chaude !).

Une cargaison contenant du combustible MOX, en provenance de l’usine de retraitement de Sellafield (GB), à destination de la centrale nucléaire de Beznau, dans le canton d’Argovie, doit prendre la mer (peut-être est-ce déjà chose faite en ce début décembre), à bord d’un vieux « raffiot » sans double coque. Quand on sait ce qui est arrivé au « Prestige », on a des sueurs froides. Rappelons que le MOX - combustible à base d’oxydes mixtes d’uranium et de plutonium, issu des opérations de retraitement - non seulement complique le pilotage des centrales et le rend encore plus dangereux, mais multiplie le taux de radioactivité des déchets engendrés par les centrales qui recourent à l’utilisation du MOX en lieu et place du combustible standard le UO2 (uranium faiblement enrichi). On se demande vraiment quel démon malfaisant turlupine les nucléocrates ! (Eh bien, tiens donc, il fallait bien trouver une solution au casse-tête du stockage du plutonium dont on ne sait que faire : le recycler, c’est cool !) Un chargement de combustible irradié doit partir incessamment de Mühleberg (CH) destination La Hague (F) La date de ce transport est tenue secrète ! Le gigantesque trafic de déchets nucléaires orchestré dans la plus grande opacité par les gouvernements concernés et le lobby nucléaire, ne cesse d’alimenter la spirale dangereuse, polluante, inutile et sans issue que représente le retraitement. Exporter ces déchets ne fait que repousser le problème, exposant les populations à des dangers considérables, tant pendant les transports : risques d’accidents ferroviaires, détournements, actes de terrorisme, wagons contaminés etc., que lors du retraitement proprement dit : dégâts incommensurables infligés à l’environnement par les rejets radioactifs en mer notamment. De plus, la production de combustible MOX (contenant du plutonium), issu de ces opérations de retraitement, ne fait qu’aggraver les dangers engendrés par cette filière infernale ! A la question : - Les déchets nucléaires qu’en faire ? Il n’y a décidément qu’une seule réponse :

  • Cessons d’en faire !

Les Japonais se lancent dans une voie sans issue : le retraitement, avec un clone de la Hague !!!

Au Japon, le clone de La Hague fait des vagues… La Cogéma (France) pilote la construction d’une usine de retraitement. Rokkasho-Mura, localité perdue sur la côte pacifique de la péninsule de Shimokita, est l’équivalent japonais de La Hague. « Une réplique presque identique, une sœur jumelle », lâche un cadre supérieur de la Cogéma. Mais la copie japonaise est aussi le talon d’Achille du lobby nucléaire nippon, confronté à une inédite fièvre contestataire depuis l’accident tragique survenu à la suite d’une mauvaise manipulation, le 30 septembre 1999, dans la petite usine de retraitement de Tokaimura, près de Tokyo (un mort, 69 irradiés). Le 27 mai, les habitants de Kariwa, proche de la centrale de Kashiwazaki, se sont opposés par référendum à l’utilisation du très controversé Mox dans un de ses réacteurs. Mi-novembre, un autre référendum a abouti au rejet d’un projet de centrale. « Rokkasho est un non-sens économique, une bombe environnementale, un gouffre financier. Il faut tout arrêter » mitraille Shawn Burnie, le « M. Plutonium » de Greenpeace. D’après un article très détaillé de Richard WERLY (Libération 25 novembre 2002)

Pourtant, les Russes semblent abandonner le retraitement !

Contrairement au Japon, il semble que la Russie s’éloigne du retraitement ! Depuis deux ans, les Russes ne retraitent plus leurs déchets nucléaires, alors que 400 tonnes de ces déchets se sont accumulées dans l’unique usine de retraitement russe Maïak (Oural), selon le chef de la sécurité nucléaire Iouri Vichnievski. Ce monsieur, cité par le quotidien Gazeta, a affirmé, que le retraitement coûtait trop cher et qu’il était difficile de revendre le combustible récupéré après le retraitement. Et ça, ContrAtom vous le dit depuis bien longtemps !!! Ah, si au moins on nous écoutait un peu plus du côté des dirigeants de cette planète, c’est fou ce qu’on économiserait comme temps et comme argent ! Mais ils ne veulent rien entendre…. Il faut « des milliers de dollars » pour récupérer un kilo de plutonium, en retraitant du combustible nucléaire usagé, et « un chef d’entreprise normal qui sait compter l’argent n’achètera pas (ce combustible qui lui coûtera) dix fois plus cher (que le combustible neuf) », a-t-il assuré. Et ben il a bien raison ce monsieur ! Dites, Chirac et Blair, vous écoutez ?! « (Le combustible nucléaire usagé) ne peut être retraité qu’une seule fois » a par ailleurs souligné M. Vichnievski. Pour les mêmes raisons, une deuxième usine de retraitement dont la construction a été suspendue il y a quelques années faute d’argent « ne sera jamais construite » a encore affirmé M. Vichnievski. « Nous n’allons jamais retraiter du combustible nucléaire. Nous n’en avons pas besoin » a conclu le responsable... Et puis après tout, les Russes pourraient se débarrasser de leur usine de retraitement en la refourguant aux Japonais, ça, ça serait du recyclage ! (AFP, 26 nov)

La libéralisation, c’est vraiment trop cool ! Et le retraitement à Sellafield est peut-être terminé ?!

Vous vous souvenez sans doute de différentes informations venue d’Angleterre. Les Anglais sont, avec les Américains, les plus en avance dans le domaine de la libéralisation des marchés publics. Les trains anglais par exemple, depuis qu’ils sont privatisés sont plus chers, moins précis et surtout déraillent souvent… Ben oui c’est pas rentable d’entretenir des voies ! D’ailleurs Railtrack a fait faillite… Et bien British Energy, entreprise privée qui gère entre autre les centrales nucléaires anglaises, était cet automne au bord de la faillite ! Cela posait un énorme problème, il paraît impossible de mettre en faillite un secteur pareil : par exemple, qui allait gérer les déchets nucléaires une fois BE fermée ? Rassurez-vous quand une entreprise libéralisée s’écroule, à qui fait-on appel ? A l’Etat bien entendu, qui rachète très cher ce qu’il avait vendu à vil prix !

Ainsi , le contribuable anglais « versera » 150 à 200 millions de livres sterling par an pendant 10 ans et contrôlera 65% des revenus de BE ! Ce n’est pas ce qu’on appelle le serpent qui se mord la queue, ça ? La bonne nouvelle est que British Energy va également renégocier le contrat de traitement des déchets de 300 millions de livres par année qui le lie à l’entreprise publique BNFL (Sellafield…) dont elle est le premier client , et stocker davantage ses déchets plutôt que de les retraiter ! Bon sang, les Français et les Japonais sont-ils vraiment plus bêtes que tous les autres pour ne pas s’apercevoir qu’il faut en finir avec le retraitement ?! (AFP, 28 nov)

Le 6 décembre, les députés belges ont voté l’abandon du nucléaire d’ici à 2025.

Le projet de loi prévoit la fermeture progressive - entre 2015 et 2025 - des sept centrales nucléaires en Belgique, c’est-à-dire dès qu’elles auront atteint l’âge de 40 ans. Rappelons que l’énergie nucléaire fournit actuellement 60% de l’électricité produite en Belgique. Des incitations fiscales seront mises en place au cours des prochaines années pour promouvoir l’investissement dans des énergies alternatives. Greenpeace s’est félicitée du choix de la Belgique qui rejoint la grande majorité des pays européens qui ont décidé de tourner le dos à l’énergie nucléaire. Seuls la Suisse, la France, la Finlande et le Royaume-Uni s’obstinent encore actuellement dans cette option. (AFP) ACR et PG

 
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