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Articles par thèmes :
Superphénix
Articles par pays :
France
Journal par No :
No 74, avril 2004
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann Denis Perrenoud
No 74, juin 2004
Publié le mardi 2 octobre 2007

Tour de France pour sortir du nucléaire

Alors que le gouvernement français s’apprête à donner son feu vert pour la construction du nouveau programme nucléaire EPR, le réseau français « Sortir du nucléaire » donne la réplique en organisant un « Tour de France pour sortir du nucléaire ».

Un mois de voyage

Cette manifestation ambitieuse et inédite a démarré le 24 avril dernier avec une convergence cycliste vers la centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace (la centrale la plus ancienne de France et sans doute la plus dangereuse, celle qu’EDF a été contrainte d’arroser lors de la canicule de 2003). Après un périple de plus de 4000 km, jalonné de 28 étapes et de 45 sites visités, le « Tour de France » s’est achevé le 22 mai par une grande manifestation de clôture à Rouen. En traversant ainsi de nombreuses régions de France pour aller au plus près des citoyens, la caravane antinucléaire a tenté d’apporter au plus grand nombre une information attrayante, ciblée à la fois contre le nucléaire et en faveur des alternatives énergétiques sous des aspects peu usités jusqu’alors : théâtre, exposition itinérante, marches, repas conviviaux, performances artistiques etc. En reliant les villes et les groupes d’accueil et en s’associant à des organisations et ressortissants de divers pays européens, le réseau « Sortir du nucléaire » prend toute sa signification : une mise en réseau dans une démarche dynamique et originale.

Etape jurassienne

Très intéressée par cette démarche, une petite délégation de ContrAtomistes a tenu à montrer sa solidarité avec les militants français en se rendant sur les lieux d’une étape proche de Genève : Lons-le-Saunier dans le département du Jura. Après un repas convivial et bio sous les marronniers en compagnie de la fine équipe, haute en couleur, des bourlingueurs de la caravane antinucléaire, nous avons visité l’exposition itinérante d’ADER (Association pour le développement des énergies renouvelables dont le siège est à Lausanne, voir encadré). Eventail intéressant des voies à exploiter dans les énergies renouvelables et les économies d’énergies, cette exposition, composée de panneaux et de maquettes accompagne le Tour, se déplaçant d’étape en étape avec un bus écologique qui utilise un biocarburant, le Sucroil (émulsion dans le mazout de 20 à 50 % de sirop de glucose obtenu à partir de céréales par hydrolyse enzymatique) , ménageant l’environnement. Après l’exposition, le théâtre : nous avons assisté à la représentation de Tchernobyl now, pièce inspirée du livre de Svetlana Alexievitch, La Supplication qui recueille des témoignages de survivants de Tchernobyl. Belle représentation, un acteur, quatre actrices, vêtues de noir, debout, immobiles sur scène, évoquant à tour de rôle, avec des mots sobres et vrais, leur cauchemar. Pas de quoi remonter le moral, tant il est vrai que la réalité actuelle paraît encore pire que la fiction théâtrale au vu des terribles photos des enfants de Tchernobyl accrochées au mur du hall du théâtre. Quelle désespérance, quel terrible sentiment d’impuissance !

Vive les écolos !

Fort heureusement, pour conclure notre escapade, une note plus optimiste nous attendait le lendemain avec la visite du Bio Lopin de Saint-Maur : panneaux solaires, maisons écologiques, toilettes sèches, fleurs de Bach, des hôtes accueillants, enthousiastes et chaleureux, voici de quoi nous remettre d’aplomb et nous redonner quelque espoir en l’homme ! A l’heure qu’il est, le « Tour de France pour sortir du nucléaire » est terminé, mais la résistance se poursuit : pour d’autres choix énergétiques que le nucléaire, un jeûne à durée indéterminée est organisé à Paris devant l’assemblée nationale à partir du 21 juin. Chapeau aux vaillants militants du « Réseau sortir du nucléaire », ils ont toute notre admiration ! Tant de persévérance, de courage, de ténacité ! Quel formidable exemple de résistance à la folie des nucléocrates qui nous entraînent dans leurs projets mortifères ! Sachons nous en inspirer chez nous en Suisse au moment où des voix s’élèvent pour proposer la construction d’une nouvelle centrale nucléaire sur sol helvétique.

Anne-Cécile Reimann


Jeûne « Vivre sans nucléaire »

Trois personnes ont décidé d’entamer un jeûne politique à durée indéterminée le 21 juin 2004 à Paris dans l’espoir d’interpeller l’opinion publique sur les dangers du nucléaire.

Il s’agit de Michel Bernard, fondateur et rédacteur de la revue Silence, Dominique Masset, membre du collège national et trésorier du mouvement Appel pour une insurrection des consciences et André Larivière, salarié du « Réseau sortir du nucléaire ». Par cette action non-violente, ils souhaitent sensibiliser l’opinion publique et obliger le gouvernement à décider d’une politique de sortie du nucléaire. Deux demandes précises et concrètes lui sont ainsi formulées :

  • une réorientation des budgets de la recherche vers les énergies renouvelables
  • un abandon du projet EPR.

Un message d’espoir

La différence entre un jeûne à durée indéterminée et une grève de la faim est avant tout dans la volonté qui anime les personnes qui le font. Dans une grève de la faim, il y a un côté désespéré comme dans le cas d’un prisonnier. Dans un jeûne, il s’agit d’un fort engagement militant. C’est pourquoi ce jeûne appelle à vivre sans nucléaire : c’est un message d’espoir. En effet, l’objectif du jeûne n’est pas de mettre en péril la vie de quelqu’un ni de gagner à tout prix, mais d’interpeller le maximum de personnes sur ce qui menace la vie : ici le nucléaire. Le gouvernement prévoit une relance du programme nucléaire français avec la construction d’un nouveau réacteur dénommé EPR. Ce projet rendrait stériles tous les efforts de diversification énergétique vers la maîtrise des consommations et les énergies renouvelables. De plus, l’apparition d’alternatives énergétiques fiables partout dans les autres pays européens, a contribué au développement d’une opinion favorable à la sortie du nucléaire en France : 60 % contre la construction de nouveaux réacteurs et seulement 20 % pour ; 90 % pour la réorientation des budgets de recherche en faveur des énergies renouvelables, 4 % contre.

Vous pouvez soutenir financièrement. l’organisation de ce jeûne, chèque à l’ordre de Michel Bernard - CCP 626 63 K Lyon.

D’avance merci pour votre intérêt et votre solidarité.

Pour plus de renseignements :

www.vivresansnucleaire.org Jeûne Vivre sans nucléaire 9 rue Dumenge 69317 Lyon cedex 04 - France


SUPERPHENIX, c’est terminé...

Comme nous nous sommes réjouis en 1997 ! Le nouveau gouvernement français annonçait l’arrêt de Superphénix. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Superphénix ne produit bien sûr aucune énergie. Par contre, il en consomme. Cette installation stérile a impérativement besoin de courant électrique en provenance du réseau, la consommation d’une ville de 40 000 habitants ! Il est en effet indispensable, dans l’attente d’une solution technique et pour éviter une gigantesque catastrophe, de maintenir 5 500 tonnes de sodium à une température dépassant 180°C. Ce sodium présente en outre des inconvénients majeurs : il explose au contact de l’eau, il s’enflamme spontanément à l’air ; un feu de plus d’une tonne ne peut être maîtrisé. Une manipulation maladroite, une rupture dans la tuyauterie, la chute d’un avion, un attentat, avec un dépôt de plutonium tout proche, et c’est Tchernobyl à la puissance x. Actuellement, l’installation contenant ce produit diabolique « repose » dans un bâtiment qui n’a aucune solidité : son toit a cédé il y a quelques années sous le seul poids de la neige. Une solution avait été trouvée : on allait transformer ce sodium en une sorte de soude que l’on aurait laissé s’écouler à petites doses dans le Rhône. Cette méthode a finalement été jugée trop sensible, avec un risque de remobilisation des écologistes… Quant aux 14 tonnes de plutonium, où se trouvent-elles ? – Elles sont simplement stockées dans un bâtiment voisin du réacteur abandonné. Alors, on attend… et de grands chercheurs scientifiques soutenus par leur gouvernement consacrent leur temps à préparer une nouvelle génération de centrales nucléaires à haut rendement : les EPR (…). On croit rêver.

Denis Perrenoud

Source : Silence

Quelques rappels :

La radioactivité ne se voit pas et elle ne se sent pas. Des milliers de particules minuscules se dégagent de « poussières » que le vent peut emporter comme le sable du Sahara. Sur le moment, vous les avalez, vous les respirez, et vous ne vous rendez compte de rien.

Le strontium est l’un des résidus de Superphénix. Il est particulièrement néfaste. Notre corps le confond avec le calcium. Dès lors, s’il est ingéré, c’est notre propre corps qui devient lui-même radioactif.

Quant au plutonium, pendant des dizaines de milliers d’années, les particules qui en jaillissent vont constituer une sorte de bombardement permanent. Après 24 000 ans, il n’aura perdu que la moitié de son énergie. Il pourra donc continuer à bombarder, à tuer…

 
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