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Articles par pays :
France
Journal par No :
No 79, octobre 2005
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann
No 79, octobre 2005
Publié le mardi 2 octobre 2007

Les déchets français les plus radioactifs bientôt à notre porte

Après avoir exprimé durant des années leur opposition à la centrale de Creys-Malville, les antinucléaires genevois devront-ils bientôt retourner manifester devant le Consulat de France pour dénoncer les dangers de la centrale du Bugey située à quelques kilomètres du canton de Genève ?

Cela sera certainement le cas si l’un des plus importants projets nucléaires français de ces prochaines années voit le jour : un centre d’entreposage de déchets radioactifs en Rhône-Alpes.

Les pires déchets

EDF, fournisseur d’électricité français, propriétaire des dix-neuf centrales nucléaires françaises, a décidé en effet de construire, dans le Bugey, un site d’entreposage des déchets radioactifs dits à moyenne activité et à longue durée de vie. Autrement dit, les déchets nucléaires parmi les plus inquiétants. Concrètement, EDF s’apprête à démanteler une partie de ses centrales nucléaires, pour la plupart vieillissantes ou carrément en fin de vie. Or, les déchets les plus dangereux - les pièces métalliques issues du coeur même du réacteur - ne peuvent être entreposés sur aucun site de stockage français existant. Il s’agit donc pour EDF de trouver une solution. Et c’est le site du Bugey qui semble le mieux adapté. Selon Michel Uhart, directeur de la centrale de l’Ain, le site vient d’être retenu par EDF car « le réacteur 1 du Bugey sera le prochain réacteurs français à être démantelé ». En réalité, le Bugey a été choisi pour deux autres raisons : c’est l’un des rares sites en France à encore disposer de terrains libres suffisants, en plus d’être relié à un important réseau de voies ferrées, solution a priori plus sécurisante que la route pour le transport des matières nucléaires.

2000 tonnes de métal

Résultat, à l’horizon 2011, un hangar de 130 mètres de long par 80 mètres de large et 20 mètres de haut, entièrement bétonné, devrait sortir de terre au sud de la centrale du Bugey. C’est ici que seront entreposées quelques 2 000 tonnes de structures en métal des centrales nucléaires françaises. Ces pièces métalliques radioactives seront enfermées dans des fûts métalliques, eux-mêmes placés dans des coques en béton de vingt centimètres d’épaisseur, elles-mêmes coulées dans du béton, pour être bien sûr. Ce qui n’empêchera pas d’atteindre un niveau de radioactivité, pour chaque pièce, de l’ordre du million, voire du milliard de becquerels par gramme. « Avant que la radioactivité ne redevienne à son niveau naturel, explique Roland Desbordes, président du laboratoire indépendant de la Criirad, à Valence, il faudra attendre des centaines d’années voire des millions d’années pour certaines déchets étant donné que les déchets à longue durée de vie perdent la moitié de leur radioactivité tous les 30 ans ».

Beaucoup d’inconnues

La gestion des déchets radioactifs reste en effet la problématique numéro un du nucléaire. Or, les futurs déchets du Bugey, à vie longue, ne peuvent être stockés en surface que temporairement. Sur le papier, EDF prévoit un stockage d’une quarantaine d’années. Mais les déchets ne seront-ils pas entreposés plus longtemps ? Un débat public national sur le sujet se déroule actuellement en France. Mais, selon les propos, début juillet, de Christian Bataille - auteur de la loi du même nom sur les déchets radioactifs - il ne concernera que les déchets « présentant la double spécificité haute activité et à longue durée de vie ». Autrement dit, nada pour les déchets du Bugey ! En conclusion, la région la plus nucléarisée de France va accueillir des déchets, parmi les plus radioactifs de l’hexagone, dont on ne sait ce qu’ils deviendront à long terme.

Extrait de Lyon Capitale - n°536 - 30 août 2005 - Guillaume Lamy

Un danger supplémentaire du Bugey provient de sa proximité avec l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Les avions atterrissant sur cet aéroport survolent le site du Bugey et il est envisagé de développer Saint-Exupéry, en particulier pour le trafic de fret, donc d’augmenter encore le risque.


Une belle manif

Tous ensemble contre l’enfouissement des déchets nucléaires

Impossible de boucler ce journal sans parler de la belle manifestation qui a eu lieu ce samedi 24 septembre à Bar-le-Duc dans la Meuse contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, projet dont nous avons souvent parlé. ContrAtom a fait le voyage et nous ne regrettons pas les nombreux kilomètres avalés, tant ce fut une belle manif, empreinte de ferveur et de détermination, mais aussi joyeuse, festive et inventive, suivie par près de 6000 personnes venues des quatre coins de France. Les manifestants répondaient à l’appel du Collectif Bure Stop, d’un groupement d’élus contre l’enfouissement des déchets ainsi que du Réseau Sortir du Nucléaire, lequel regroupe plus de 700 associations.

Population bâillonnée

Pendant la première partie du parcours, nous avons défilé bâillonnés pour symboliser l’absence de parole donnée aux citoyens dans ce dossier. Devant le Conseil Général de la Meuse, les manifestants ont observé trois minutes de silence pour les victimes du nucléaire. Faire taire 6000 personnes trois minutes durant, chapeau ! Le silence obtenu fut d’une qualité magnifique ! Ensuite, nous avons enlevé nos bâillons et nous avons poussé, tous ensemble, une formidable clameur de protestation contre l’enfouissement des déchets nucléaires. Impressionnant ! Les bâillons furent ensuite accrochés aux grilles entourant le bâtiment, tandis qu’une délégation d’élus locaux « anti-enfouissement » s’en allait remettre une pétition munie de 45 000 signatures demandant qu’un référendum soit organisé dans les régions concernées afin de faire valoir l’avis de la population sur la question.

Sacs de terre non polluée

Puis nous avons mis le cap sur la préfecture. A mi-chemin, nous voilà tous allongés sur la chaussée, afin de symboliser la « mort prochaine d’un territoire » contaminé et pollué. Arrivés devant la préfecture de la Meuse, nous avons disposé en musique, sous les fenêtres du Préfet, les sacs de terre « non polluée » que les manifestants avaient apportés de leurs régions respectives. Très beau symbole que ces sacs remplis de bonne terre surmontés de panneaux indiquant leur provenance ! Souvenirs émouvants Les moments très forts et émouvants n’ont en tout cas pas manqué tout au long de cette mobilisation, à l’instar de cette minute de silence à la mémoire de Sébastien Briat, militant antinucléaire mort à 22 ans, le 7 novembre 2004, fauché par un convoi de déchets nucléaires qu’il tentait de stopper. Le souvenir de Vital Michalon, cet opposant de la première heure fut aussi évoqué, Vital qui fut tué par une grenade de CRS à la grande manif de 1977 sur le futur site de Creys-Malville.

Ville morte

Elle fut belle la manifestation de Bar-le-Duc, mais les habitants de la ville n’ont pas vu grand-chose, retranchés qu’ils étaient derrière leurs volets fermés. C’est qu’on leur avait prédit le pire ! Depuis plus d’une semaine, les commerçants avaient été exhortés, à titre préventif et « anti-casseur », à fermer boutique. La population était mise en garde : une horde de sauvages antinucléaires allait débarquer et tout casser. Les pots de géraniums avaient été rentrés, les voitures éloignées du parcours. Bar-le-Duc était une ville morte jusqu’à l’arrivée d’une belle manif, sereine, joyeuse, pacifiste et colorée, sans l’ombre d’une violence. Belle leçon pour ceux qui voulaient ternir l’image de la résistance au nucléaire !

Anne-Cécile

Téléchargez le journal « Déchets nucléaires, le casse-tête » sur www.sortirdunucleaire.org

 
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