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Articles par pays :
Inde
Journal par No :
No 68, décembre 2002
No 68, décembre 2002
Publié le mardi 2 octobre 2007

Irradiés durant 30 ans

Il existe dans l’Est de l’Inde, dans l’Etat de Bihar, un village de 3’000 indigènes animistes, appelé Jadugoda. Dans les années soixante, le gouvernement indien cherchait une mine d’uranium, il en a trouvé une à Jadugoda.

Depuis, rien ne va plus dans le village. Les choses ont commencé sournoisement, d’une manière cachée, sans explication rationnelle : les adultes ont commencé à mourir de plus en plus jeunes, de toutes sortes de maladies dégénératives. Les enfants naissaient malformés ou ne naissaient plus du tout, les avortement spontanés devenant de plus en plus nombreux.

Les responsables de la mine voisine faisaient régulièrement des mesures du taux de radioactivité mais, avec une mauvaise foi terrible, ils évitaient d’aller faire des mesures au voisinage des étangs proches, dans la vase desquels de mystérieux fûts avaient disparu et rouillaient tranquillement, à l’insu de tous. Les autorités et les missions scientifiques convoquées ne constatant aucune augmentation du taux de radioactivité, concluaient invariablement que ces maladies devaient provenir des habitudes alimentaires des indigènes.

Il aura fallu trente ans aux habitant de Jadugoda pour réaliser ce qui leur arrivait : en 1990, ils ont créé une asso ciation de défense, JOAR (Jharkhand Organization Against Radiation) et ils ont fait appel au Pr. Upadhyay du Center of Applied Ecology, un organisme scientifique indépendant. Celui-ci n’a pas été long à découvrir le pot aux roses. Il lui a suffi de passer quatre jours dans le village, cherchant, avec ses appareils, fouinant un peu, pour trouver un endroit proche des étangs où les doses de radioactivité admissibles étaient dépassées, cinquante fois.

Depuis, les habitants du village vont de procès en recours, ils arrivent devant la cour suprême du pays, qui doit peser les intérêts en présence : d’une part l’intérêt du gouvernement, qui a besoin d’Uranium pour alimenter les dix réacteurs nucléaires du pays et sa force de frappe au moment d’une vive tension politique avec le voisin pakistanais. De l’autre, la santé publique. L’état de santé des habitants du Jarkhand (30 000 habitants en tout) est en effet de plus en plus préoccupant, et personne n’est équipé pour plonger dans les étangs de la mort et récupérer les fûts rouillés qui sont envasés au fond...

Tout cela je l’ai lu dans un journal français qui s’appelle « Témoignage chrétien », le numéro du 13 juin 2002, ça m’a foutu la rage et la déprime. La haine. Il faut se battre, se battre inlassablement contre nos vrais ennemis. Mais comment discerner nos vrais ennemis ? Comment distinguer l’essentiel de l’accessoire ? Comment savoir quoi faire ? Il est facile en effet de résumer les articles de « Témoignage chrétien », surtout s’ils sont bons. Mais au-delà de cette indispensable action d’information, que pouvons-nous faire ?

Chaim Nissim

 
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