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Superphénix
Articles par pays :
France
Journal par No :
No 85, avril 2007
Auteurs :
Anne-Cécile Reimann Guy Demenge
No 85, avril 2007
Publié le lundi 15 octobre 2007

17 mars : des milliers de personnes dans les rues contre le nucléaire

17 mars : des milliers de personnes dans les rues contre le nucléaire Rien de tel qu’une belle manif antinucléaire pour vous remonter le moral, vous requinquer, vous donner espoir et courage ! Et pour une belle manif, ce fut une belle manif ce samedi 17 mars à Lyon : 8.000 personnes dans la rue, sous un soleil radieux, de la bonne humeur, de la ferveur, de la musique, des rires et des chansons.

Belle mobilisation

Une vingtaine de ContrAtomistes avaient fait le déplacement, les panneaux jaunes étaient de la partie et la belle banderole de ContrAtom, fabriquée tout exprès pour l’occasion faisait sa première sortie. Tout au long du parcours, nous avons chanté notre rengaine fétiche : « Le nucléaire c’est la galère », drainant de nouveaux choristes à chaque carrefour.

60.000 manifestant-e-s

Dans le même temps, des manifestations de ce type se déroulaient dans quatre autres villes de France. On annonçait 40.000 manifestant-e-s à Rennes !! 8.000 à Toulouse et Strasbourg et 4.000 à Lille. Ça en fait du monde pour dire STOP au nouveau réacteur nucléaire EPR en voie de réalisation à Flamanville dans le département de la Manche. A cinq semaines des élections présidentielles françaises, il s’agissait aussi d’interpeller les prétendant-e-s à l’Elysée sur la question du nucléaire. Question posée donc et restée curieusement sans réponse jusqu’ici !

La Suisse et l’Europe en général ne sont pas épargnées par l’idée de construire de nouvelles installations nucléaires et c’est le moment ou jamais d’internationaliser la lutte. Les manifestations, si elles sont bien suivies, sont un extraordinaire moyen citoyen de faire entendre notre voix et de donner de l’écho à notre combat. Nous devons absolument occuper le terrain.

Le pouvoir est aussi dans la rue, alors allons-y.

A la prochaine manif !

Anne-Cécile


Nucléaire et changement climatique : le grand bluff

Il y a peu, sur une chaîne de télévision française, nous avons entendu cette énormité : la France craint moins que ses voisines les coupures de gaz russe car 80% de son énergie provient du nucléaire. Il s’agit d’une confusion dramatique et savamment entretenue entre l’électricité et l’énergie.

Beaucoup de plutonium et un peu d’électricité Nous nous devons, à ContrAtom, de répéter sans cesse, qu’en dehors du plutonium, toutes les centrales nucléaires du monde entier ne servent qu’à faire une seule chose : de l’électricité. Avant de parler de l’impact mondial du nucléaire sur le climat, il serait peut-être utile de prendre connaissance de la part de l’électricité dans la consommation mondiale d’énergie et… de la part, toujours au niveau mondial, de la production d’origine nucléaire dans le total de l’électricité produite.

Un rendement catastrophique

Selon les lois intangibles de la thermodynamique, la conversion de chaleur en forces motrices se fait avec des pertes. C’est regrettable, mais incontournable. Cette conversion de la chaleur tirée de la fission de l’uranium – et cela dans les bons modèles actuels de centrales – se fait avec une perte de 67 %. Cette perte correspond en grande partie au nécessaire refroidissement du réacteur. Elle se fait par rayonnement dans l’atmosphère, par réchauffement de l’eau détournée des fleuves ou des eaux côtières et surtout par émission de vapeur d’eau… les panaches qui coiffent les tours de refroidissement. Toutes les centrales (charbon, gaz, fuel, uranium) polluent thermiquement l’atmosphère. Mais, comme le nucléaire a le pire rendement de toutes les centrales (33 % contre, par exemple, 73 % pour le gaz en cogénération) il est, en cette matière, le plus mauvais. Ce n’est pas tout, le 12 % de ce tiers résiduel est encore perdu en autoconsommation dans la centrale et dans le transport et la distribution. Il ne parvient donc au compteur de l’usager que 28,9 % de l’énergie de fission.

Une part dérisoire de l’énergie consommée dans le monde Dans le monde en 2003, l’année de référence de notre étude, il a été consommé 10.140 millions de tonnes d’équivalent pétrole (Mtep) (tous combustibles confondus y compris les bouses séchées des bovins, y compris l’hydraulique, l’éolien…). Sur ce total, environ 2.200 Mtep ont été perdues dans la conversion d’électricité, comme il vient d’être expliqué ; ce qui ramène la consommation finale (celle des usagers) à 7.940 Mtep. Dans le même temps, celle d’électricité a été de 14.597,5 milliards de kWh. Ce qui au taux de conversion de l’ONU et des physiciens représente 1.255,4 Mtep ou 15,81 % du total ramené à 7.940 (énergie finale).

Il nous reste à nous interroger, toujours au niveau mondial et pour cette année 2003, sur la part d’origine nucléaire dans la consommation d’électricité : au total 68,6 % sont d’origine thermique classique dont malheureusement les deux tiers proviennent du charbon ; viennent ensuite, presque à égalité, le nucléaire 15,6 % et l’hydraulique 15,5% ; pour finir encore symbolique, le nouveau renouvelable 0,3 %. De ces chiffres, dont le lecteur voudra bien nous pardonner l’abondance, il résulte que la part d’origine nucléaire ne représente que 2,47 % (0,1581 x 0,156 )… du total de l’énergie consommée en final dans le monde.

Et les réserves d’uranium ?

Cette part, presque risible – eu égard à ce que la techno-structure nous promet en matière de lutte contre l’effet de serre – peut-elle sensiblement augmenter ? La réponse nous est peut-être donnée par l’Agence Internationale de l’Energie. Cette dernière, qui semble fort optimiste sur l’état réel des réserves d’hydrocarbures, prévoit une croissance annuelle et maintenue de 1,60 % de ces dernières contre 0,1 % pour l’uranium.

Chiffre dont la faiblesse peut surprendre alors que l’on parle tant de grands programmes de centrales atomiques en Asie. Mais il faut tenir compte du fait incontournable qu’à l’horizon 2025, les deux tiers des centrales de l’Est, la moitié des européennes et toutes celles des USA – dont les commandes ont cessé dès 1973 – seront remisées. Et ce n’est pas les rodomontades de ce pauvre Bush qui vont inciter les financiers américains à relancer des programmes. Ces derniers comptent beaucoup moins que leurs homologues européens sur l’aide publique et savent gérer sans subventions. Ils ne tiennent pas pour les besoins futurs à surpayer l’investissement de production (4 fois celui du kWh au gaz). En résumé, selon l’AEI, entre 2003 et 2025 et en final, la part du nucléaire va régresser de 2,47 % à 1,67 % et quels que soient les mérites de cette filière quant à l’effet de serre, son action sur le climat ne peut être et ne restera qu’homéopathique ! Certains lecteurs vont êtres surpris par la modicité de ces pourcentages. Rappelons qu’ils sont donnés au final. Précisons qu’en énergies primaires, qui incorporent les combustibles brûlés dans les centrales, les pourcentages du nucléaire sont de 5,9 % en 2003 et tomberont, selon l’AIE, en 2025 à 4%.

Guy Demenge

Le plutonium, sous-produit de l’industrie nucléaire

L’uranium enrichi a d’abord servi à faire la première bombe… et, ensuite, avec la pile construite à cet usage, à extraire le plutonium… pour fabriquer toutes les autres bombes… des centaines de milliers de bombes A et de bombes H. Toutes les centrales atomiques, nous avons dit toutes, sans exception, civiles comme militaires, fabriquent au minimum 37 grammes de plutonium par million de kilowattheures produits. Ainsi, la France qui produit, bon an mal an, 440.000 millions de kWh d’origine nucléaire voit théoriquement son stock de cette horrible matière augmenter de 16 tonnes par an… ce qui excède de beaucoup ses besoins militaires. Il n’en est pas de même de l’Inde et de la Chine, qui n’ayant qu’une croyance mitigée dans la bonté et le pacifisme nord-américains, commandent fébrilement des centrales nucléaires pour se doter le plus vite possible de forces de frappe surabondantes capables, quelle que soit l’attaque ou la riposte, de vitrifier le Bushistan.

GD

Dans un prochain numéro de ContrAtom, nous verrons si ces centrales, malgré cette part si menue, sont si exceptionnelles quant à l’effet de serre : l’Agence Internationale de l’Energie Atomique ainsi que le trust français Areva vont jusqu’à les créditer d’un dégagement de CO2 neuf fois plus faible par rapport à l’hydraulique… et même, tenez-vous bien, 130 fois plus faible par rapport au gaz et au fuel confondus. Enfin, pour les lecteurs qui tiennent à étoffer leur documentation, nous tenons à leur disposition le détail des analyses dont cet article est le résumé.

Le plutonium, sous-produit de l’industrie nucléaire L’uranium enrichi a d’abord servi à faire la première bombe… et, ensuite, avec la pile construite à cet usage, à extraire le plutonium… pour fabriquer toutes les autres bombes… des centaines de milliers de bombes A et de bombes H. Toutes les centrales atomiques, nous avons dit toutes, sans exception, civiles comme militaires, fabriquent au minimum 37 grammes de plutonium par million de kilowattheures produits. Ainsi, la France qui produit, bon an mal an, 440.000 millions de kWh d’origine nucléaire voit théoriquement son stock de cette horrible matière augmenter de 16 tonnes par an… ce qui excède de beaucoup ses besoins militaires. Il n’en est pas de même de l’Inde et de la Chine, qui n’ayant qu’une croyance mitigée dans la bonté et le pacifisme nord-américains, commandent fébrilement des centrales nucléaires pour se doter le plus vite possible de forces de frappe surabondantes capables, quelle que soit l’attaque ou la riposte, de vitrifier le Bushistan.

GD


Superphénix Superfolie

Décidé en 1974, construit entre 1975 et 1986, en panne pendant dix ans (moins d’un an de production en cumulant les périodes hors pannes), le surgénérateur Superphénix, premier réacteur de « quatrième génération », est un échec cuisant pour le lobby nucléaire.

Arrêté en 1997, il est actuellement en démolition ... en théorie. Car dans la pratique, EDF n’a pu « déconstruire » que les salles périphériques et se trouve dans l’incapacité de fermer le bâtiment réacteur où se trouvent, près de dix ans plus tard, 5000 tonnes de sodium utilisées pour refroidir le coeur du réacteur (prévu pour fonctionner avec du plutonium). Fin 2006, EDF a fait le point en annonçant la construction en 2007 d’une chaîne de neutralisation du sodium qui devrait entrer en fonctionnement en 2008 et permettre de noyer le sodium par petites quantité dans du béton pour obtenir à l’arrivée 70.000 tonnes de béton très faiblement radioactif. Si tout va bien (le sodium s’enflamme au contact de l’air, explose au contact de l’eau), cela sera terminé en 2013 ! En attendant, il faut continuer à chauffer le sodium pour le maintenir à l’état liquide, ce qui consomme autant qu’une ville de 40.000 habitant-e-s.

La suite de la démolition devrait encore se poursuivre jusqu’en 2025. 400 personnes continuent à travailler sur le site. En 2025, il restera une immense piscine contenant 14 tonnes de plutonium, soit le coeur du réacteur et celui de remplacement prévu à l’époque. Il suffit d’une dizaine de kilos de ce plutonium pour faire une bombe atomique. Une cible parfaite pour un avion terroriste ! Cet échec a coûté plus de 3 milliards d’euros aux contribuables, son bilan énergétique est largement négatif, le danger d’un accident avec le sodium est toujours possible, celui avec le plutonium est durable : la radioactivité du plutonium ne diminuera de moitié que dans 24.000 ans ! Ce sont les mêmes technocrates qui aujourd’hui vous proposent de renouveler ce genre d’expériences avec des ITER, des EPR ou d’hypothétiques nouveaux surgénérateurs !

Source : Silence


Tout savoir sur le réacteur EPR

Construction problématique

Il a été conçu par les ingénieurs de Siemens et Framatome en 1992, sa puissance est de 1600 MW. L’Etat français a autorisé la construction de l’EPR à Flamanville dans le département de la Manche et EDF a commencé, en juillet 2006, les travaux de construction. Un premier prototype de ce réacteur est actuellement en construction depuis début 2005 à Olkiluoto, en Finlande. Le chantier est marqué par d’incessants problèmes de contrôle de qualité et on s’attend à un retard de la mise en service de deux à trois ans. Les problèmes rencontrés concernent la qualité des matériaux (béton et aciers) et pourraient avoir de graves conséquences en cas de situation accidentelle.

Sûreté

Ce réacteur ne présente pas d’amélioration décisive sur le plan du risque d’accident majeur. En effet, l’EPR nécessite, comme tous les autres réacteurs français, des systèmes de refroidissement alimentés électriquement en permanence : une défaillance de ces systèmes entraîneraient la fusion du combustible nucléaire, c’est-à-dire l’accident nucléaire majeur.

Dangereux combustible

Ce réacteur ne présente aucun progrès non plus quant à la nature des déchets radioactifs. Il est prévu pour utiliser des combustibles au plutonium (MOX), issus du retraitement des combustibles irradiés, qui produisent à leur tour des déchets radioactifs encore plus dangereux que les déchets provenant des centrales qui utilisent de l’uranium.

Sécurité

EDF n’a pas fait la preuve que l’EPR résisterait au crash d’un avion de ligne rempli de kérosène, comme le démontre le document classé Confidentiel Défense par le gouvernement français. De plus, les besoins électriques de la France ne justifient pas la construction du réacteur EPR. La construction de l’EPR n’est pas un facteur de développement économique et social. L’EPR ne doit pas être construit – ni en France, ni ailleurs. Ces renseignements sont tirés de la brochure « L’EPR en bref », collectif STOP EPR, www.stop-epr.org


 
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