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No 87, octobre 2007
No 87, octobre 2007
Publié le mardi 23 octobre 2007

Témoignage vigies

Jeudi 13 septembre 2007 !

Pour la seconde fois, Jocelyne et moi assurons la vigie (1ère fois les 12 et 13 juillet 2007)

Dès 8 h, nous sommes sur place et Paul nous passe l’essentiel des consignes. Je trouve l’idée de la pancarte ; 500 000 enfants irradiés etc, excellente. Elle est en français et très lisible.

Dès 8 h 8 h 15, c’est la ronde infernale des « grosses cylindrées et CD » (Corps Diplomatique) dont les occupants se donnent une importance quasi méprisante. La plupart sont indifférents à notre présence. Pourtant, je remarque davantage de signes amicaux qu‚en juillet. Est-ce parce qu’ils ont remarqué le changement de vigies ? Un monsieur vient à notre rencontre et marque sa solidarité dans l’action. Il demande à signer la pétition s’il y en a une (pétition que je ne trouve pas et j’avais oublié qu’elle est disponible dans le dossier de presse). Le monsieur prend un dossier en français. La matinée passe très vite. Une dame arrête sa voiture sur le trottoir, contre la haie qui longe l’OMS. Elle nous indique qu’elle était intriguée par cette vigie permanente et souhaite en savoir plus. Elle nous informe qu’elle est aux Nations-Unies et bien que très attentif, je n’ai pas bien saisi sa fonction. Elle ignorait cet accord OMS / AIEA et je décèle chez la dame une grande contrariété. Elle promet de lire sérieusement et de voir ensuite le dossier en français que je lui remets. Je ne suis pas sûr, mais il me semble qu’elle portait sur son gilet un médaillon à l’emblème de l’UNICEF. La dame nous quitte en disant : « c’est peu ce que vous faites, mais ça marque les esprits. Ce contact me semble important et malgré sa discrétion, elle nous a fait comprendre qu’elle pouvait intervenir efficacement. Est-ce une parole en l’air ? Peut-être pas. Après tout, ne sommes-nous pas stratégiquement placés au coeur des organisations internationales ! Nous aurons droit à un pouce levé de la part d’une accompagnatrice dans un car de touristes. Un taxi s’arrête pratiquement à notre hauteur pour lire nos pancartes. Il repasse quelques minutes plus tard, pouce levé. Le soleil est de la partie et nous aide bien à supporter cette ronde de véhicules rutilants, pollueurs. Quelle contradiction avec l’OMS qui prône la santé pour tous, alors qu’une grande partie du personnel de cette organisation pollue allègrement à coups de 4 x 4 et de grosses berlines. Deux jeunes femmes à pied et venant de l’OMS s’informent de notre action. C’est pas très simple car elles sont écossaises et l’une d’elle s’exprime difficilement en français (moi encore plus mal en anglais !). Nous parvenons cependant à nous comprendre et elles repartent avec chacune un dossier de presse en anglais. Elles nous ont confirmé qu’elles travaillent à l’OMS. Je crois que notre action est positive en ce sens que les gens de l’OMS s’informent et c’est déjà beaucoup. Après tout, ne sommes-nous pas là pour çà ! Informer ces personnes qui demandent finalement de l’information sur leur employeur. Un monsieur arrive à pied depuis l’OMS. Il se présente comme étant le directeur du département médicaments à l’OMS. Il insiste beaucoup sur le sens exact de notre action, de notre « démarche », précise-t-il. Il ajoute que ça l’intéresse vraiment. Il nous quitte avec un dossier en anglais sous le bras. Ah oui, il a demandé si beaucoup de personnes de l’OMS venaient s’informer. Sur ce je reste évasif, on ne sait jamais. Il a demandé aussi si Madame Chan, la présidente générale de l’OMS était informée ! Ce à quoi je lui réponds avec un rien d’ironie que si ce n’est pas le cas, il peut informer lui-même Madame Chan. Nous sommes pris en photo par le passager d’une voiture, qui n’hésite pas à freiner le flot de la circulation. Sa façon de nous photographier rappelle un peu les visiteurs d’un zoo, sauf que là, c’est nous qui sommes dehors ! La visite d’une dame du voisinage avec son chien coupe un peu la monotonie de l’après midi, ainsi que quelques signes amicaux. De 16 à 17 h, le balais des véhicules commence, assez fluide, puis s’intensifie à 17 h. Ils arrivent face à nous. Nous remarquons ceci : Les conducteurs fuient notre regard ! Notre présence les embarrasserait-ils ? A moins que ce soit la réalité de ce que nous dénonçons depuis près de cinq mois qui les met mal à l’aise. Cette réalité cachée par les plus hautes instances internationales. Tous ces gens de l’OMS, bien installés dans le confort de leur statut social prennent-ils la mesure de l’ampleur de cette catastrophe humanitaire que fut, et qui est toujours et pour longtemps, une plaie douloureuse du genre humain. Depuis cinq mois, nous leur jetons à la face quelque chose qui leur fait peur ! Et qu’ils réfutent parfois, mettant en cause l’énormité de Tchernobyl et les chiffres des victimes. Le personnel de l’OMS peut-il se regarder dans sa glace le matin, après nos cinq mois de présence à leur rappeler la souffrance de ces millions d’enfants de Tchernobyl, des centaines de milliers de liquidateurs sacrifiés.

L’espèce humaine est-elle insensible à ce point ?

Présence permanente devant l’ OMS pour dénoncer l’accord OMS/AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique).

Tous les jours ouvrables, depuis le 26 avril dernier, quelques personnes sont présentes silencieusement au carrefour de la rue des Morillons, à Genève près de l’entrée de l’OMS. Nous reproduisons çi-contre une page du journal de bord tenu par Marcellin et Jocelyne Grousselas qui ont assuré la permanance récemment.

 
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